Les filles américaines à cheveux (1/2)
Par Bertrand le dimanche 3 mai 2009, 22:54 - Musique - Lien permanent
Je ne suis pas musicien, malgré les tentatives répétées de mes parents de m'essayer à un instrument (piano, violon et clarinette). Cette activité demande une persévérance que je n'ai pas.
Pour autant, je me permets de critiquer les musiciens et en particulier, je n'ai jamais beaucoup aimé le côté poseur des musiciens : d'une part parce que je trouvais ça prétentieux, d'autre part parce qu'ils font rarement preuve de beaucoup d'originalité dans leur style. Par exemple, pour creuser le sillon du "Fleet Foxes bashing", le fait de se sentir obligé de porter une barbe et une chemise de bûcheron pour faire de la folk m'énerve. A l'inverse, certains artistes et certains seulement, peuvent se permettre d'avoir la classe tout le temps et indépendamment de leur style : Jarvis Cocker, dont le style est soigné mais s'efface devant la présence du bonhomme ; Pete Doherty, au concert duquel il était amusant de comparer sa tenue (probablement du Dior mais quand même une chemise trop large et maronnasse et un fut trop large aussi) et celle du public (70% des gamins portaient des pantalons slim en espérant ressembler à leur idole).
Si on quitte le général pour aller vers le particulier, il y a chez les filles américaines qui font de la musique un genre spécifique : la fille aux cheveux longs, avec un air mystérieux, des fringues plus ou moins belles et plus ou moins roots et, de préférence, une guitare sèche dans les mains (un succédané franco-italien est Carla Bruni période pré-Sarkozy). C'est aussi un genre qui m'énerve parce qu'il me rappelle les nénettes de première L qui parlaient d'art et prenaient un air extrêmement méprisable à l'égard des bigleux fort en maths et sapés par leur mère comme moi.
Donc, par défaut, une chanteuse qui a choisi ce style ne me plaît pas et il est probable que sa musique non plus car c'est souvent une espèce de folk mollasse avec "une voix si belle et si profonde". Et comme elles viennent souvent avec un barbu...
Mais, même là-haut dans ma tour d'ivoire, je suis moi aussi sensible aux effets de la mode et comme ça fait maintenant plusieurs mois que je me farci régulièrement de nombreux groupes folk car c'est ça aujourd'hui l'actualité de la musique indépendante (ma bonne dame), mon oreille commence à percevoir les nuances du genre et même à en apprécier quelques pièces[1]. En particulier, ceux qui flirtaient avec la pop (Noah and The Whale par exemple) m'attiraient imperceptiblement vers des rivages inamicaux. Il fallait donc que ça arrive et que j'aime une de ces filles à cheveux avec une guitare sèche. J'étais prêt.
Et c'est tombé sur Laura Gibson, découverte via le podcast de "You disappear". Au passage, je suis un grand fan des photos de John et quand il a commencé un blog musical (ce fameux "You disappear") puis un podcast, je me suis dit que ce serait intéressant à suivre. Bon, il écoute beaucoup trop de musique trop calme mais son premier podcast, pour un coup d'essai, est un coup de maître : pendant 13 minutes, il enchaîne les titres bons mais pas géniaux et finit sur "Where Have All Your Good Words Gone?" de Laura Gibson, qui m'a flanqué des frissons en marchant dans la rue.
En l'écoutant ensuite, je n'ai pas retrouvé la même intensité mais la chanson, et le reste de l'album, sont quand même bons. En particulier "Spirited", qui est la plus dynamique de l'album.
Si vous aimez bien, allez acheter l'album ici, la version digitale coûte moins de 8 $ (soit à peine 6 €).
MP3 : Where Have All Your Good Words Gone?
Et je ne vous mens pas : elle a vraiment les cheveux longs (et l'air un peu trippé) :

Fin de la première partie.
Notes
[1] Sachant que comme tout bon amateur de musique, j'ai "Harvest" de Neil Young dans ma bibliothèque


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