Aujourd'hui, expérience douloureuse au guichet SNCF : je veux me faire rembourser une place parmi cinq sur un billet aller-retour Paris - Bourg Saint Maurice fin mars. J'ai pris le billet le 12 janvier. Le guichetier fait la manip et m'annonce qu'il va me rembourser 109 euros alors que le prix du billet est de 160 euros par personne et qu'il est précisé qu'on peut se le faire rembourser intégralement avant le départ (billet "Loisir"). Pourquoi ? Parce que les cinq billets étant sur le même ticket physique, il a dû annuler les cinq billets et en reprendre quatre à la place, mais aux nouveaux tarifs, plus chers.

Déjà ça ça énerve. Mais quand le mec vous explique que si j'avais eu une carte Smiles ou que j'étais venu acheter les billets au guichet plutôt que sur Internet, j'aurais eu des billets individuels et j'aurais pu me faire rembourser intégralement une seule des cinq places, ça énerve un peu plus.

Quand enfin, il me reprend pour me dire que je ne suis pas un usager mais un client, je bouillonne. Déformation professionnelle oblige, je lui répond que j'ai hâte de pouvoir choisir un transporteur moins con que la SNCF pour mes billets de train.

Alors qu'au fond, mes convictions politiques ET économiques me laissent penser qu'un monopole économique est la meilleure solution pour le rail, vu que c'est un monopole naturel, où l'innovation ne semble pas nécessiter "l'aiguillon de la concurrence" (voir le TGV) et vu que la relation d'un monopole avec ses usagers est quand même beaucoup plus agréable pour ceux-ci que celle d'une entreprise privée avec ses "clients"/vaches à lait.

Cette expérience m'a donc confirmé dans l'idée que pour convertir les gens à la libéralisation et à la concurrence, le mieux n'est pas de leur expliquer que c'est pertinent économiquement (surtout qu'en ce moment, ce serait un peu dur) : il suffit qu'avant la libéralisation, on dise au monopole de se conduire comme une entreprise privée (mais sans concurrents), par exemple en créant des tarifs incompréhensibles ou en chipotant sur les conditions de remboursement. Au bout de quelques années, les clients seront tellement excédés qu'ils attendront avec impatience un concurrent pour se venger.

Bonne nouvelle donc, la concurrence sur le rail commence en 2010 (c'est pas une bonne nouvelle en fait).

PS : j'aurais aimé qu'on soit plus transparent quand on faisait voter les gens sur l'Europe, en leur expliquant qu'un des effets collatéraux, c'est la privatisation d'EDF, La Poste, la SNCF et France Télécom.