mardi 19 février 2008

Les hommes aussi ont droit à la pub

J'ai acheté aujourd'hui le premier numéro de GQ ("Gentlemen's Quarterly") édition française, magazine masculin qui se place délibérément sur un créneau plus mature et classe que les FHM, Maximal ou Max. Et ce premier numéro, vendu 1 euro au lieu de 3,4 euros, rejoint effectivement les fleurons de la presse de mode féminine en ce qui concerne la quantité de pub. La dernière fois que j'en ai vu autant, c'est dans le numéro de Elle spécial mode.

Dans GQ, il faut attendre la page 30 pour avoir autre chose qu'une pub, et c'est le sommaire, puis la page 42 pour le premier article (après l'édito page 37 et cet article est sur le magazine GQ) et enfin la page 77 pour le premier "vrai" article, qui ne parle pas du magazine lui-même ou de son making-of ! Belle perf !

Devant ça, je n'ai pu que me saisir de mon Google Docs et Tableur et représenter la part relative de chaque type de contenu dans le magazine. Si on distingue la pub déguisée[1] de la pub, c'est le "contenu éditorial" qui gagne finalement mais si on additionne pub et pub déguisée, c'est la pub qui gagne. Ouf !


C'est un peu dommage de voir ça parce qu'à côté la mise en page est plutôt élégante (notamment la rubrique "Salon") et plusieurs articles ont l'air intéressants.

Notes

[1] j'appelle pub déguisée toutes les pages de photos ou d'articles qui ne servent qu'à donner des noms de marque. Ce sont généralement des vêtements élégamment portés par un mannequin mais ça peut aussi, ici, être des parfums ou des gadgets technologiques

 

jeudi 2 août 2007

"La guerre des Dieux"

L'été, les journaux sont moins épais mais pas forcément moins riches : il y a aussi moins de pubs et surtout, il y a les "séries" ! Celles de Libé de l'année dernière m'avaient bien plu (mais je ne me souviens plus sur quoi elles étaient), celles de cette année sont moins accrocheuses (même si les articles sur les codes sont bien écrits). En revanche, Le Monde a décidé de consacrer une série sur "la guerre des Dieux", c'est-à-dire sur les grands affrontements religieux au cours de l'histoire. Quatre épisodes sont parus :

Henri Tincq déroule un récit passionnant, qui mêle histoire et réflexions sur les rapports entre religions. C'est intelligent et, pour ne rien gâcher, très joliment illustré par le brillant David B. A lire donc, d'ici la fin de la semaine.

 

vendredi 13 avril 2007

Le Point : journal de merde

Il est difficile de critiquer un titre de la presse sans devoir critiquer toute la presse, car les liens sont forts entre les journaux et les pratiques souvent identiques. A ce propos, je conseille la lecture régulière du Plan B et d'Acrimed, qui approfondissent la critique des médias et essayent d'assainir ce milieu malheureusement trop peu indépendant. Comme il faut bien critiquer le critique, je reproche juste à ces deux publications d'avoir des cibles privilégiées et d'être très rancunières (beaucoup d'articles s'appuient sur des déclarations vieilles de 20 ans et supposent que leurs auteurs ne changent jamais d'avis).

Mais aujourd'hui, il y a un titre que je veux distinguer pour deux raisons :

  • sa démagogie affichée et renforcée à l'occasion de la campagne présidentielle
  • ses pratiques qui semblent être allées un peu trop loin cette fois dans le sens de la corruption, au point que le journal est soumis à une enquête policière

Je parle bien évidemment du journal "Le Point", hebdomadaire de droite qui se charge de nous le rappeler très régulièrement, avec par exemple la couverture de cette semaine :

Ce type de couverture est bien le degré zéro du journalisme avec ce qu'il faut de démagogie pour appâter le lecteur traditionnel du Point et, en même temps, s'assurer d'une petite propagande en vue du premier tour pour les autres. On notera d'ailleurs avec plaisir qu'aucune couverture récente "n'enquêtait" (si on peut dire) sur les avantages dont bénéficient les grands patrons ou les grands propriétaires et qui sont forcément pris quelquepart dans la société (voir le débat sur Noël Forgeard en ce moment).

Donc, j'ai vu ça ce matin et je me suis énervé tout seul en me disant "Respecte ce point de vue, ce n'est pas parce que tu n'es pas d'accord qu'il faut dire que c'est des journalistes incapables". Mais quand je lis ensuite sur le BigBangBlog que Franz-Olivier Giesbert est entendu par la police pour une affaire d'article de complaisance à l'égard d'un milliardaire qui aurait payé pour un portrait, je peux affirmer que le Point est un journal de merde et qu'il ne faut pas l'acheter.