Cette année, nous ne sommes encore pas beaucoup allés au cinéma (mais beaucoup plus qu'en 2007, voir plus bas) donc je ne retiendrai que trois films :
No country for old men
Probablement le film de l'année : un vrai choc en le voyant et un excellent souvenir, quelques mois plus tard. Les frères Coen sont des rois de la mise en scène et ont trouvé là un scénario superbe. Tout y est bon. Difficile d'oublier Javier Bardem et sa coupe au bol, y compris dans Vicky Christina Barcelona. Heureusement, Scarlett et Penelope nous permettent de penser à autre chose.
A bord du Darjeeling Limited
Le nouveau Wes Anderson n'a pas l'excellence de "La Vie Aquatique" mais on y retrouve la même tendresse et le même humour. C'est un grand plaisir de voir ses films et celui-ci m'a semblé en plus pertinent dans le propos sur la fraternité et le rapport au père (je sais que tout le monde n'est pas d'accord). Le tout porté par un Jason Schwartzman des grands jours, notamment dans le court métrage d'ouverture, "Hotel Chevalier".
Le silence de Lorna
Enfin, ce n'est pas le film le plus marquant de l'année mais "Le Silence de Lorna" confirme pour moi le génie des frères Dardenne et leur capacité à montrer un monde réel mais inconnu. Ce sont là encore des réalisateurs qui comptent parmi les meilleurs du monde et dont l'obstination à traiter des sujets difficiles les rend plus sympathiques encore pour moi.
Et il ne serait pas honnête de ne pas saluer la comédie américaine moderne, emmenée par le génial Will Ferrell et sur laquelle j'ai beaucoup étendu ma culture, au cinéma et en DVD/DivX (Frangins malgré eux, Semi Pro, Tonnerre sous les Tropiques, Hot Rod, Drillbit Taylor, Le Nouveau, Toutes les femmes de ma vie). Si je devais n'en conseiller qu'un, je pense que ce serait Semi-Pro.
Passons aux choses sérieuses : les stats.
Je notais l'année dernière que l'arrivée d'une personne supplémentaire dans la famille avait pas mal ralenti notre nombre de sorties, au cinéma en particulier. Les choses ont changé cette année et nous sommes allés plus souvent au cinéma (17 fois contre 8), tout en restant loin de nos plus hauts historiques (59 fois au cinéma en 2003 et 2004). Nous verrons ce que l'arrivée d'une autre personne supplémentaire fera en 2009.
On peut donc dire que nous avons enrayé le casaniérisme qui nous guettait mais ça a été aux dépens de la diversité dans les films que nous voyons. En effet, la part des films américains continue d'augmenter (tout confondu : cinéma, TV, DVD, DivX). On va dire que c'est grâce à la vitalité du cinéma américain, qui reste toujours à mes yeux le plus intéressant du monde, et à la pauvreté du cinéma français notamment.
Le meilleur, le plus profond et le plus abouti, c'est "Les promesses de l'ombre" de David Cronenberg. Après un "History of Violence" assez consensuel, Cronenberg obscurcit à nouveau son art et propose une oeuvre belle et riche. Je n'ai pas vu beaucoup de films de lui mais j'avais beaucoup aimé "Spider" et on retrouve dans "Les promesses..." cette ambiance sombre et prenante. J'ai toujours un peu de mal avec son goût pour la mutilation des corps (j'ai pas vu "Crash") mais après coup, je m'aperçois que les scènes très violentes et très dures sur le moment contribuent à installer cette ambiance. Sans elles, le film ne serait probablement pas aussi bon.
Dans le même registre, ambiance sombre et mafia russe, le nouveau film de James Gray, "La nuit nous appartient", est également une réussite. Dans celui-ci, c'est surtout la mise en scène et certaines scènes qui sont très très réussies : la scène d'entrée dans la boite de nuit, la poursuite en voiture et la scène finale dans les roseaux. A côté de ça, le scénario est malheureusement un peu trop convenu.
Enfin, et c'est toujours du bon cinéma, on a vu aussi "Les femmes de ses rêves" des frères Farrelly et il faut bien avouer que c'est drôle. J'aime beaucoup Ben Stiller et ça aide probablement mais on a quand même bien rigolé pendant le film, qu'on a vu en VF pourtant ! Certains regrettent que le côté scato/potache soit moins prononcé que dans des films précédents mais au contraire, je trouver que grâce à leur rareté, les scènes vraiment trash sont encore plus drôles et surprenantes.
