mardi 27 juillet 2010

Plans (bons ou mauvais) à Berlin

Il fut un temps où je partais souvent en week-end, en France, en Europe, voire par-delà les océans. Ce temps est fini et maintenant, un week-end en extra-muros est toute une aventure. Le week-end dernier, ce fut donc Berlin, sans enfants.

Berlin, sans enfants, à 31 ans, c'est un peu la dernière occasion de faire une fête décadente et droguée, en pogotant jusqu'à pas d'heure. Nous ne sommes pas faits de ce bois-là : après une pointe vers 23h30 le soir de notre arrivée, nous avons adopté un rythme plus diurne et sommes revenus à une heure de coucher plus raisonnable. Et le jour, corpore sano in mens sana, nous fîmes du vélo et visitâmes des musées.

Je ne m'étendrai pas sur l'exceptionnelle richesse culturelle et architecturale de Berlin et me limiterai à indiquer là où nous avons mangé et dire ce que j'en ai pensé. Car, en fait, ce séjour a commencé sur les chapeaux de roues en termes de qualité culinaire. A Berlin, il y a de tout et pour 5 à 10 euros, il est possible de manger de manière vraiment excellente. Je me permets d'inclure des photos que j'ai prises.

En arrivant, vers 22h00, nous sommes allés manger dans le quartier de l'hôtel[1] et nous avons trouvé un excellent falafel où, pour 3 euros, le bonhomme prépare les boulettes de falafel en direct et met des légumes frais et bons. Ça s'appelle Yarok.

Le lendemain, choix gagnant également avec Monsieur Vuong, conseillé dans la plupart des guides, et qui propose, pour 7 euros environ, des plats vietnamiens très bien équilibrés et relevés. J'ai pris une soupe Pho Hanoi.

Pour le goûter, une pâtisserie française dans Prenzlauer Berg, "le Midi", où nous avons pris des tartes à la rhubarbe meringuée plutôt réussies.

Enfin, le soir, le triplé gagnant fut complété par Tartane, un resto très agréable où l'on sert peut-être les meilleurs burgers que j'ai mangés... Le dessert (tarte aux pommes + glace) fut un peu bof.

Samedi midi, nous nous sommes courageusement aventurés à Berlin-Ouest, avons découvert le charmant marché de Schöneberg. Ce fut le passage obligé de la Currywurst, dans une des échoppes du marché. Ce plat n'a aucun intérêt sauf si vous aimez manger la ketchup directement à la cuillère. En dessert, un Tiramisu un peu germanisé, mais servi par des italiens, sur le même marché. A déguster avec un excellent café.

Pour le goûter, un salon de thé sur la Grosse Hamburger Strasse nous a servi des pâtisseries ordinaires, dans un cadre ombragé et calme.

Enfin, le soir, nous allâmes à Strandbad-Mitte, dont les raviolis ne cassent pas trois pattes à un canard mais qui propose, là encore, un cadre calme, au fond d'une impasse. Si vous assumez d'être un cadre trentenaire qui boit du vin mais qui ne fait pas de chichis, vous serez heureux dans ce restaurant.

Le lendemain, nous fûmes faibles mais le Whopper fut bon.

Voilà voilà, nous sommes quand même allés boire un verre au Tascheles, l'espèce de pseudo-squat de référence sur Oranienburger Strasse. C'est bien et quand on est vieux, ça ne fait pas trop peur (enfin avant minuit en tout cas).

Donc, en conclusion : allez chez Monsieur Vuong et chez Tartane si vous aimez les hamburgers, passez chez Yarok et au Tascheles. Et si vous aimez les marchés, allez dans le Schöneberg. Il y avait aussi tous les restos qui font un brunch le dimanche du côté de Friedrichshain.

Et voici la carte de tous ces merveilleux endroits :


Afficher WE Berlin sur une carte plus grande

Notes

[1] Hotel Honigmond Garden, très bien sur la déco et l'emplacement

 

dimanche 21 mars 2010

Chanson française

Genius, le machin qui construit automatiquement une playlist à partir d'une seule chanson, m'a proposé une belle sélection de chanson française que j'ai aimé ces 10 dernières années. Vous pouvez l'écouter en cliquant ici.

Les chansons sont les suivantes :

15 août - Benjamin Biolay
Salut les amoureux - Miossec
Mon iguanodon - Thomas Fersen
Regarde un peu la France - Miossec
Laisse aboyer les chiens - Benjamin Biolay
L'Horizon - Dominique A
Flowers - Emilie Simon
Au Port - Camille
Padam - Benjamin Biolay
Mourir d'un oeil - Daphné
Ah Melody - Serge Gainsbourg

 

mercredi 3 mars 2010

Deux usages du piano

Le piano est un peu mal aimé par le rock. Peu de groupes en font un usage intéressant et depuis les années 70, les synthés se sont substitués au piano pour offrir plein de sons nouveaux et intéressants.

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Pour ma part, je ne suis pas un grand fan du piano dans le rock mais un des premiers CD que j'ai acheté était un disque de Jerry Lee Lewis commercialisé par les éditions Atlas dans la collection "Les génies du rock" (c'était le n°2, après Tony Sheridan et les Beatles et Chuck Berry, que j'avais aussi - les premiers numéros ne sont pas chers).

Cette année (et c'est pour ça que je fais ce billet), je suis tombé sur deux groupes qui utilisent abondamment le piano et je dois avouer que ça me plaît beaucoup.

Le premier est The Jim Jones Revue. Quand on écoute The Jim Jones Revue, on se dit :

- "Ah, ils savaient quand même faire de la musique à l'époque"

et:

- "Ça dépotait pas mal déjà, moi qui croyais que le hard rock avait été inventé par Led Zep".

On va sur Google, on tape "The Jim Jones Revue" et là, le premier lien renvoie vers le myspace de The Jim Jones Revue et là, on se dit :

- "Ah, c'est marrant, ils ont un myspace". Cela dit, les Beatles aussi.

Et puis en fait, on se rend compte qu'ils existent depuis 2007.

Voilà voilà. Mais c'est bien. Et la reprise de "Good Golly Miss Molly" arrache un peu tout. Et il y a du piano et c'est important. Je vais essayer de les voir en concert.

Le second groupe est Aufgang. C'est un autre style : de l'électro allemande. Pas de paroles, des changements de rythme surprenants, des sons incroyables, de l'électro allemande quoi. Et là aussi, c'est l'usage du piano qui apporte toute l'originalité de la musique. Notamment dans "Sonar", que j'aime vraiment beaucoup (notamment autour de la 6ème minute. Et il paraît que les concerts déchirent aussi.

Conclusion ? Le piano n'est pas rédhibitoire pour faire de la bonne musique (ouf !).

 

mercredi 3 février 2010

Le meilleur concert de 2009

Et j'y étais. Merci Pab pour l'invit et merci, merci, merci la blogotheque.

 

lundi 1 février 2010

La musique de janvier

Un mois de janvier placé sous le signe des attentes : 4 nouveaux albums de 4 groupes que j'ai aimé (Vampire Weekend, Adam Green, Midlake et Beach House).

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Je n'arrive toujours pas à rentrer dans le "Contra" de Vampire Weekend : c'est amusant tous ces sons mais pour moi ce groupe, c'est avant tout un sens incroyable du rythme et je ne me retrouve à taper du pied instinctivement en écoutant ce nouvel album. Mais j'ai tellement aimé le premier que je vais insister.

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"The Trials of Van Occupanthier" de Midlake a été un des très grands albums de ces dernières années et j'attendais avec impatience la suite, en l'occurence "The courage of others". Là encore, déception. Pas de souffle, trop de folk, le ressort est cassé. Dommage. (et puis bon la photo quoi)

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Pour Adam Green, c'est plus complexe : j'ai, là aussi, adoré son premier album, "Friends of mine", puis j'ai aimé "Gemstones", puis j'ai moins aimé et moins écouté. Le dernier, "Minor love", a plein de super critiques et il n'est pas désagréable mais là encore, ça ne fonctionne plus. C'est peut-être celui pour lequel je suis le plus triste car, visiblement, ce n'est pas de la faute d'Adam mais de la mienne : j'ai changé et je n'aime plus que sporadiquement ce genre de musique. J'ai vieilli, en somme.

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Enfin, "Teen dream", le deuxième album de Beach House, a commencé par m'énerver : trop similaire au premier, trop énervant avec leurs voix qui résonnent (j'ai mentionné que Fleet Foxes et la plupart des chansons de Grizzly Bear me hérissent ?). Et comme pour le premier, "Devotion", la réécoute est à chaque fois meilleure. Je vais probablement rejoindre bientôt les critiques dithyrambiques sur cet album.

Tout ça s'écoute ici : Contra, The courage of others, Minor love, Teen dream

Pour compenser, j'ai continué d'écouter le "Clair" de JP Nataf qui est réellement géant.

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Mais le mois de janvier n'a pas été que le mois des 2ème, 3ème ou 6ème albums. C'est aussi en janvier 2010 que je me suis mis à Arnaud Fleurent-Didier, précédé de sa légende, elle-même alimentée par le génialissime "France culture" sorti il y a quelques mois. L'album s'appelle donc "La reproduction" et pour commencer, ça me plaît. En ce moment, j'ai 30 ans, je me pose des questions, je me dis que bosser dans les collectivités locales comme Papa, ce qui était mon plan jusqu'à peu, n'est peut-être pas si bien que ça et je vais plutôt faire de l'Internet et de la geekerie. Enfin tout ça pour dire que cet album m'intéressait, au point que je l'ai même acheté sur iTunes.

Donc, effectivement, ça parle de reproduction. Au début, j'ai bien aimé (mais surtout pour faire comme tout le monde), ensuite le côté Delpech m'a gavé et aujourd'hui, je trouve que certaines chansons sont quand même des tueries : outre "France Culture", je porterai surtout votre attention sur "Mémé 68" et "Si on se dit pas tout".

C'est par ici : La reproduction

(et la pochette est très belle)

Pour finir janvier et commencer février, je vais passer l'album de Pantha du Prince et Lindsay Brohan de Javelin.

Ah oui et aussi : j'ai réussi enfin à écouter deux chansons de Sunn O))). Pour du drone metal, c'est bien. Et concert de Benjamin Biolay jeudi. Cool.

 

vendredi 1 janvier 2010

Bilan 2009 - Musique

Meilleur album de l'année : Hospice de The Antlers

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Meilleure chanson de l'année : Saint Jerome de Coconut Records

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Accessits (dans les albums) : Dead man's bones de Dead man's bones et Davy de Coconut Records

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Accessits (dans les chansons) : France Culture d'Arnaud Fleurent-Didier, Tonight de Yuksek revu par The bewitched hands on the top of our heads, I've got your number de Passion Pit et Lyon Presqu'île de Benjamin Biolay. Une liste est disponible ici.

A NOTER :

Dans la catégorie "chanson française comme on l'entend" : La Superbe de Benjamin Biolay et Clair de JP Nataf

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Dans la catégorie "chanson pas française par des français" (une bonne année d'ailleurs) : Peplum de Toy Fight et Seules au bout de 23 secondes de Mansfield.TYA (en retard d'un an) (et Wolfang Amadeus Phoenix de Phoenix aussi)

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Dans la catégorie "lo-fi" : other people's song (volume one) de the sarcastic dharma society (c'est gratuit ! allez-y !), 'Em are I de Jeffrey Lewis & the Junkyard et Attic Thieves de Ralfe band et Instant Coffee Baby de The Wave Pictures mais on s'en lasse.

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Dans la catégorie "musique qui passe à la radio" : The XX de The XX, See Mystery Lights de Yacht, Chunk of Change de Passion Pit (mais pas Manners) et deux chansons de Phrazes for the young de Julian Casablancas

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Dans la catégorie "musique électronique un peu bizarre" : Bromst de Dan Deacon et Aufgang de Aufgang

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Dans la catégorie "le reste" (c'est pas le moins bon) : Still night, still light de Au revoir Simone, Dark night of the soul, Slow Dance de Jeremy Jay, The first days of Spring de Noah & the Whale et les excellents albums de Flight of the Conchords (surtout le premier).

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Et pour finir, le traditionnel petit graphique tiré de Lastfm, qui confirme un peu tout ça :

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mardi 14 juillet 2009

Le bateau de Nino - Hélène Bohy

Et boum j'enchaîne sur un autre billet.

Avoir des enfants est une bénédiction. Et une renonciation.

Avoir des parents comme nous est une bénédiction (pour eux). Nous, ce sont des parents qui ont renoncé à toute écoute un peu forte de musique un peu violente dans leur salon et laissent "Mon imagier des amusettes" et "100 chansons pour enfants" (100 chansons !) occuper l'espace sonore commun, avec des tubes comme "Minette, chatonnette" ou "Papoupalère". Comme on dit, "rien ne vaut le sourire d'un enfant".

Et puis bon, nous on est de gauche, et pas tendance ouvrier, plutôt tendance bobo éducatif et tout le toutim. Notre fille, elle ne regarde pas la télé, seulement des DVD, et encore, seulement des dessins animés tchèques des années 60 édités par arte video (véridique). Donc, niveau musique, on va pas la gaver de Patrick Sébastien mais dans la lignée de nos chers parents, on va écouter les P'tits loups du Jazz et Pierre et le Loup raconté par Gérard Philipe. Si avec ça, ils ne font pas une grande école...

aleau.jpgTout va bien donc et la chute de ce billet n'est pas un craquage sur la musique pourrave qu'on va devoir s'infliger pendant encore 10 ans. Non, la chute, c'est une nouvelle version du verre à moitié plein et la découverte d'une chanson (et même tout un disque) pour enfants qui est vraiment une bonne chanson. Elle s'appelle "Le bateau de Nino" et elle a toutes les qualités d'une bonne chanson pop : un air entêtant, une voix intéressante et une exigence musicale élevée. Cette chanson se permet de durer 6 minutes 48 secondes car Hélène Bohy (qui a fait le disque) recommence la chanson au bout de trois minutes : on pourrait croire que c'est par facilité mais au contraire, cette répétition apporte de la profondeur et de la mélancolie aux paroles. C'est vraiment une très belle chanson, avec une très belle histoire d'amour et notre fille est maintenant obligée de l'écouter de temps en temps, pour nous faire plaisir.

Evidemment, on ne se refait pas, le disque a eu 4 "f" Télérama...

Le bateau de Nino

 

lundi 13 juillet 2009

J'ai suivi les Ashes (et j'ai bien aimé)

Le mois de juillet est un mois difficile pour l'amateur de sport : le foot est terminé depuis longtemps, Roland-Garros et Wimbledon aussi, il n'y a plus de rugby et le sport qui est censé tenir l'affiche, le Tour de France, demande une foi en l'Homme que je n'ai pas. Du coup, on se rabat sur des informations de seconde classe : les transferts, les matches amicaux (Nantes a perdu contre le Dinamo Bucarest mais a obtenu le nul contre Bastia), les annonces plus ou moins foireuses (le nouveau maillot des Canaris est pas mal, faudrait juste virer le sponsor), etc.

Heureusement, certains donnent de leur personne, comme Robert Louis-Dreyfus, pour animer un peu tout ça mais est-ce encore du sport ?

Cette année, plutôt que de traîner ma peine tout le long du mois, ou de me rabattre, inévitablement, sur les cylistes, j'ai décidé d'emboîter le pas de nos amis anglais, bien plus grands amateurs de sport que nous autres et qui ont trouvé une belle solution à ce vide calendaire. Ça s'appelle les "Ashes" et c'est du cricket. Et je peux vous garantir que ça vous remplit un mois et même deux, sans problème.

On était à Londres la semaine dernière et j'ai acheté le Guardian avec le supplément de 24 pages sur l'événement pour me préparer un peu. Puis je suis allé faire un tour sur Wikipedia pour connaître plus précisément les règles. Enfin, à partir de mercredi 8, premier jour du premier test des Ashes, je me suis branché sur guardian.co.uk pour suivre le "over-by-over report" de Rob Smyth et Andy Bull.

Un peu d'histoire (et de contexte)

team_france_cricket.jpgLe cricket est un vieux sport, comme beaucoup de sports traditionnels anglais : selon l'ICC[1], on jouait au "criquet" dans le Nord de la France en 1478. Malheureusement, nous n'avons pas su maintenir cette belle compétence et je pense pouvoir dire que la politique d'immigration de MM. Sarkozy, Hortefeux et maintenant Besson pourrait porter un coup fatal à l'équipe de France de cricket, surtout si elle vise particulièrement l'Inde, le Pakistan et le Sri Lanka.

La France est actuellement 11ème en Europe, derrière Jersey, Guernesey et Gibraltar quand même.

Donc le cricket est ancien et les Ashes aussi, donc : les Anglais ont cette faculté de créer et maintenir des trophées sportifs autour de belles histoires (un peu comme nous quand on fait la Coupe de la Ligue). Je raconterai à ceux qui veulent la création de la Coupe de l'America mais pour les Ashes, tout se joue en 1882, quand l'Australie, ce pays de bagnards dégénérés, bat l'Angleterre en Angleterre, grâce à la nullité de l'équipe anglaise (qui n'avait que 85 runs à marquer dans le deuxième inning !). Le lendemain, le Sporting Times publie un avis de décès annonçant la mort et la crémation du cricket anglais et le transport de ses cendres en Australie :

British Library - Sporting Times 02/09/1882  p5 (The Ashes

En 1883, en Asutralie, "des dames" (on n'en saura pas plus) brûlèrent des trucs et les mirent dans une urne en terre cuite, qui sert maintenant de trophée. Et donc, depuis, Australie et Angleterre se rencontrent tous les un an et demi, deux ans, pour ce trophée.

Ces derniers temps, l'Angleterre avait tendance à se faire rosser (disons qu'ils ont perdu 9 des 10 dernières séries) mais ils ont réussi l'exploit de gagner chez eux en 2005 et ont du mal à s'en remettre (même s'ils se sont pris 5 manches à 0 en Australie en 2007).

Tout ça pour dire que cette confrontation des Ashes est un événement sportif important en Angleterre, au point que le "Ashes" est apparu pendant un jour dans les "trending topics" de Twitter (c'est dire). Je pense que cette dernière phrase aura achevé de décourager le dernier lecteur qui avait tenu jusqu'ici mais je démarre juste alors je continue.

Les Ashes 2009 : comme se tenir au courant ?

Est-ce vraiment nécessaire de rappeler les bases du jeu de cricket ? Bon allez ok :

  • C'est un sport collectif de batte et de balle
  • Ça se joue à 11 contre 11
  • Les 11 joueurs d'une équipe battent chacun leur tour jusqu'à que 10 soient éliminés (soit le lanceur fait tomber le "guichet" derrière le batteur, soit une balle battée est attrapée de volée)
  • Chaque fois que le batteur tape la balle, il peut faire une ou plusieurs "courses" ("runs" en anglais) s'il a le temps. 1 run = 1 point.
  • Puis c'est à l'autre équipe de battre
  • Si on est courageux, on fait ça deux fois
  • Pour les Ashes, on est très courageux, donc on fait ça deux fois mais, comme pour tous les Test-matches, il y a une limite de temps (ouf !) fixée à cinq jours de 6 heures chacun (argh !)
  • Si on n'a pas fini dans les temps, c'est match nul, sinon, celui qui a le plus de points à gagner.
  • Et comme c'est un Test-match, tout le monde est en blanc avec des petits débardeurs sur la chemise pour faire joli et pas prendre froid et des chapeaux pour pas prendre chaud :

CRICKET-ASHES/

Sur cette image, il y a deux australiens, un arbitre et cinq anglais : Sauras-tu les reconnaître ?

Les Ashes 2009 ont donc commencé le 8 juillet pour une série de 5 tests, qui s'étalera jusqu'à fin août. Etant donné que "l'action" se passe dans la journée (entre midi et 19h heure française), j'ai limité mon suivi à la page de The Guardian ouverte au boulot et se rafraichissant automatiquement. Et, comme je sais que mon chef me lit parfois ici, je n'ai pas tout lu, heureusement. Par contre, je regardais régulièrement leur petit outil dit "Hawk-Eye", qui permet d'avoir des infos synthétiques sur le match. Mon graphique préféré est le "Win likelihood", qui calcule en temps réel les chances de gagner de chaque équipe. Je vous mets la version de samedi 15h, où l'on voit que les Anglais avait déjà perdu tout espoir de gagner mais pouvaient raisonnablement espérer le match nul (75% de chances) :

Win_likelihood.jpg

Après, comme on n'a pas l'image, on a des beaux graphiques représentant où les balles ont été envoyées sur le batteur et où elles ont été renvoyées par le batteur (le terrain de cricket est ovale) :

balles.jpgbattes.jpg

Enfin, les commentaires du Guardian sont plutôt agréables à suivre : comme le journaliste passe la journée derrière son ordi et qu'il sait que pas tant de monde que ça va le suivre, il fait des commentaires assez libres. Voici quelques exemples (je les laisse en anglais) :

There seems to be some kind of 'hackers conference' going on downstairs in the office, which means the canteen is jam-packed with bearded liggers who have bagged all the lasagne and used up all the ketchup. Grrr. (samedi, Lunch)

Seriously: I'm in a zone of the most serene happiness, like I'm floating on air, or maybe taking a magic carpet ride on a rug made entirely of your hair. (Mercredi 81ème over)

"I am starting to believe that the last ever wicket in test history has been taken" mourns Alex Papakyriacou. Yes, this is getting to be a little like Francis Fukayama's take on history after the fall of the Berlin wall isn't it? (Jeudi, 69ème over des australiens, alors que les australiens ont marqué 185 points (c'est beaucoup) sans qu'aucun ne soit éliminé) (NDB : Alex Papakyriacou est un lecteur du compte-rendu)

He timewastes shamelessly by pretending to need treatment needs treatment as as result, but is okay to resume after a quick spray. (Dimanche, 70ème over)

Tony Soprano constantly wondered, "Whatever happened to Gary Cooper? The strong, silent type." He's out there now, and I have more man-love for him than I could possibly articulate. (Dimanche, 90ème over)

C'est bien beau tout ça, mais ça a donné quoi le match ?

Je vais essayer de faire simple mais il y a quand même 30 heures de match à résumer :

  • Premier jour, première manche, Angleterre à la batte : l'Angleterre s'en sort pas mal semble-t-il. Trois batteurs éliminés rapidement mais une belle série ensuite (138 points sans élimination). Malheureusement K. Pietersen se fait éliminer sur une balle très facile, qu'il aurait visiblement pas dû tenter de frapper. La fête est un en plus peu gâchée quand le lanceur australien Siddle élimine deux Anglais coup sur coup juste avant la fin de la journée. Score pour l'Angleterre à la fin de la journée : 336-7 sur 90 overs (soit 336 points/runs et 7 gars éliminés (il en faut 10 pour finir la manche je rappelle) ; chaque over correspondant à 6 lancers de balles, ça fait 540 lancers dans la journée). Je vous épargne les scores "at lunch" (13 heures locales) et "at tea" (15 heures 30 locales).
  • Deuxième jour, première manche, Angleterre à la batte : La bonne période anglaise dure un peu en matinée avec le bon Swann (un joueur complet semble-t-il, qui finit non battu (il en reste toujours un)) et se termine sur l'élimination de Panesar pendant le 107ème over. Au final, les Anglais marquent 435 points/runs, ce qui est bien et l'espoir est permis. Les meilleurs côté anglais : Pietersen (69 points) et Swann (47 points mais en 40 balles, ce qui fait un bon ratio). Côté australien, Johnson a sorti trois Anglais pour une moyenne rendue de 3,95 runs/over et Hilfenhaus a la meilleure moyenne avec 2,85.
  • Deuxième jour, première manche, Australie à la batte : Gros démarrage des Australiens avec le jeune Phillip Hughes avant le "lunch". Heureusement pour les Anglais, il est calmé par Flintoff (qui a l'air d'être le lanceur star de l'Angleterre, voir ici) au 15ème over (avec déjà 60 points/runs quand même). Là les Anglais y croient mais ils vont traverser le désert : les Australiens Katich et Ponting (le capitaine) prennent le relais à la batte et il resteront là toute la journée... A 18h locales, le jeu s'arrête après le 70ème over et l'Australie en est à 249-1. Les Anglais doivent toujours sortir 9 batteurs adverses avant de lancer les deuxièmes manches. Au passage, Katich et Ponting passent chacun un "century", soit 100 runs dans la même manche.
  • Troisième jour, première manche, Australie à la batte : la nuit n'a pas porté conseil aux lanceurs anglais et on continue comme la veille. Ce n'est qu'au 85ème over (soit 90 balles lancées depuis le matin) que Katich est éliminé. Les Anglais auront une relativement bonne série avant le "lunch" en en sortant deux autres mais après le déjeuner, même topo que la veille, rien ne se passe avant le 137ème "over", peu avant 18 heures locales. A la fin de la journée, les Australiens ont pris les devants : ils ont marqué 479 points/runs et il leur reste 6 batteurs. Le journaliste du Guardian et les lecteurs sont déprimés par la nullité de leurs lanceurs. Les Australiens semblent jouer la sécurité : ne pas marquer des tonnes de points mais ne pas se faire sortir. A ce stade, je ne saurais pas dire si c'est une bonne tactique.
  • Quatrième jour, première manche, Australie à la batte : Pour le journaliste du Guardian Andy Bull, la journée s'annonce bien. Il devrait pleuvoir une bonne partie de la journée, ce qui retardera l'issue du match et permettra probablement aux Anglais d'arracher le nul (assez immérité si je comprends bien). Belle ambition. Dans les faits, il ne pleuvra vraiment que l'après-midi, alors le cirque continue jusqu'à après le "lunch" : aucun Australien éliminé avant le 181ème over. Quand enfin Haddin est sorti sur un lancer de Collingwood attrapé par Bopara, le capitaine australien "declares", c'est-à-dire renonce à taper la suite : ce n'est pas un mauvais calcul car les Australiens ont alors marqué 674 points/runs, soit 239 de plus que les Anglais. 674, c'est le 6ème plus gros total jamais marqué par les Australiens et le gros dans les Ashes depuis 1938. Autant dire qu'ils sont à l'aise. Pour les Anglais, la victoire est inaccessible depuis longtemps mais il leur faudra quand même marquer les 240 points qui leur manquent dans la deuxième manche, avant le dimanche soir. Ça peut sembler facile mais vous allez voir qu'ils sont plutôt mauvais.
  • Quatrième jour, deuxième manche, Angleterre à la batte : Donc, l'Angleterre repart avec tous ses batteurs pour marquer 240 points en un peu plus d'un jour. Et ça commence particulièrement mal avec deux batteurs sortis aux 5ème et 6ème overs, soit après que l'Angleterre a marqué seulement 18 points ! Et si je comprends bien, les premiers sont toujours les meilleurs à la batte. Autant dire que là où ça semblait relativement facile, ça devient bien stressant pour les Anglais. Heureusement pour eux, la pluie tombe peu avant le "tea" et la journée se termine à 20-2 pour les Anglais. Le temps pour dimanche est beau.
  • Cinquième jour, deuxième manche, Angleterre à la batte : c'est le dernier jour du Test et ce sera, si j'ai bien compris, de très grands moments de cricket. Avant le "lunch", l'Angleterre perd encore 3 batteurs et doit encore marquer 138 pour espérer ne pas perdre. Bopara et Pietersen peuvent avoir particulièrement honte, avec moins de 10 points marqués (ce dernier se faisant sortir sur une nouvelle erreur d'appréciation). La tension monte : les Anglais doivent à la fois marquer plus de points que les Australiens et même s'ils le font mais se font tous éliminer, il faudra avoir marqué assez de points pour que les adversaires ne remontent pas la différence dans le temps imparti. Et oui, il peut y avoir du suspense dans un match de cricket, même après 5 jours.
  • Le "finale" : Côté anglais, seul Collingwood tient la baraque, les autres se faisant patiemment éliminer par les lanceurs australiens (169-7 au thé : encore 70 runs de retard). Il reste alors deux heures et 34 overs aux Anglais pour sauver le match nul avec seulement 4 batteurs restants. Au 94ème over, Collingwood sort et il ne reste que deux batteurs (de seconde zone) : Anderson et Panesar. L'Angleterre a encore 6 points de retard : si un des deux se fait sortir, c'est fini. Heureusement pour eux, ils arrivent à dépasser les Australiens au 98ème over. Maintenant il faut tenir jusqu'au 105ème over ou sinon espérer prendre une avance suffisante pour les quelques lancers que les Australiens auront. Là, le journaliste passe du "over-by-over" au "ball-by-ball". Finalement, les deux batteurs anglais ne mettent que 6 points en 4 overs mais ne cèdent pas. L'Angleterre termine à 252-9 et c'est un match nul. Il leur aura fallu 22 batteurs pour marquer 13 points/runs de plus que les 7 batteurs australiens mais ils n'ont pas perdu et ça, ça semble être un exploit.

Pour illustrer cela, je vous mets le graphique de % de chances de gagner final :

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Voilà, c'est fini, je n'ai pas réussi à faire court. Deuxième test à partir du 16 juillet au Lord's.

Conclusion ?

En France, on aime bien ne pas aimer les Anglais et le cricket est un sujet de moquerie facile : les matches durent 5 jours, ils ne se passent rien, les joueurs sont en pull et tous en blanc et on comprend rien aux règles. Chez nous, ils sont quand même 4 millions pour suivre les étapes de plat de Tour de France où il ne se passe pas vraiment plus de choses mais bon il y a des beaux paysages quand même.

Avant de suivre ces Ashes, j'étais quand même intrigué par ce sport typiquement britannique, si difficile au premier abord, mais qui déclenche l'hystérie en Inde et au Sri Lanka (les deux pays où j'ai eu l'occasion d'en regarder un peu). Il devait y avoir quelque chose.

Après cinq jours, plusieurs de mes préjugés sont donc tombés :

  • Oui le cricket est un sport : même s'ils ne font rien la plupart du temps, les joueurs doivent faire preuve de concentration et d'endurance. J'imagine qu'il est difficile de rester attentif après avoir passé 4 heures à batter. Et je conçois que les joueurs anglais aient craqué sous la pression dans la deuxième manche. Ce n'est pas un sport où on sue beaucoup mais c'est un sport quand même.
  • Oui le cricket peut être intéressant : les dernières minutes de la dernière journée l'ont prouvé. Il peut y avoir du suspense et je conçois qu'on scotche devant sa télé pour regarder ça. Après, le deuxième jour, quand l'Australie jouait la sécurité, ça a l'air d'avoir été assez chiant quand même.
  • Oui ça a un sens de faire un match sur 5 jours : c'est le temps qu'il faut pour installer un rapport de forces et psychologiquement, 5 jours c'est long et il faut tenir en motivation et concentration. Je comprends que le cricket se tourne de plus en plus vers des formats courts (One-Day International et Twenty20) mais le format des Test matches est cohérent : c'est le seul où tous les joueurs de chaque équipe passent à la batte.

Enfin, j'aime bien ces sports traditionnels britanniques, où il n'y a pas vraiment de Coupe du Monde et où toutes les équipes viennent plus ou moins du Commonwealth. J'aimais bien par exemple quand il n'y avait que le Tournoi des V Nations et les tournées de Test-matches en rugby. En cricket, tout ça existe encore et c'est encore plus net : seules 10 "nations" peuvent faire des Test-matches entre elles et parmi celles-ci, il y a les "Indes occidentales", qui est la "nation" des anciennes colonies britanniques dans les Caraïbes. Je pense que c'est unique dans le sport.

Et comme en plus ce match a rapidement tourné à l'humiliation de l'Angleterre, ce qui est toujours plaisant, c'est donc un bon souvenir d'avoir suivi les Ashes (enfin, le premier match).

Notes

[1] International Cricket Council

 

dimanche 3 mai 2009

Les filles américaines à cheveux (2/2)

Commencez de préférence par le billet suivant

Un malheur n'arrive jamais seul.

Peu de temps après avoir découvert Laura Gibson, c'est carrément une horde de musiciennes américaines à cheveux qui m'a fait renoncer à tous mes préjugés.

C'est important, quand on tient une posture qu'on veut non conformiste[1], d'avoir toujours une exception à la règle qu'on se fixe. Quelques exemples : "Le Rn'B, c'est à chier mais Family Affair de Mary J. Blige est vraiment géniale" ou bien "Britney Spears est peut-être la plus grande chanteuse pop de notre temps". Mais il faut bien sûr que cette exception reste une exception et donc, de préférence, soit unique.

Dans mon a priori défavorable sur les musiciennes à cheveux longs, j'avais donc mon exception avec Laura Gibson, découverte par surprise en plus (et donc d'autant plus légitime). En plus, elle est bien inconnue donc ça le faisait vraiment (c'est pas comme si j'avais choisi Alela Diane par exemple).

Et voilà que je me mets à adorer "Still Night, Still Light" d'Au Revoir Simone...

Au Revoir Simone !!! Le groupe dont je n'ai même pas écouté le premier album tellement tout le monde disait que c'était bien ! Le prototype des filles hyper lookées mais pleines de profondeur ! Un groupe qui fait la vitrine d'agnès b. ! Des filles qui ont de genre de têtes :

aurevoir1.jpg

Et qui prennent ce genre de poses :

au-revoir-simone.jpg

A nouveau le type de filles inaccessibles qui m'a toujours énervé.

Mais...

Mais "Still Night, Still Light" est un superbe album, dans lequel on trouver des sons inédits[2], des mélodies efficaces et des paroles belles. Et les trois filles d'Au Revoir Simone ne font pas de compromis, comme le prouve l'originale "Only you can make you happy" :

MP3 : Only you can make you happy

C'est un album mélancolique et entraînant, avec des sommets comme l'entêtant "Knight of Wands". Sa qualité est constante tout au long des 12 chansons et celles-ci sont organisées de telle façon que l'écoute de l'album semble un chemin varié et nouveau.

MP3 : Knight of Wands

Comme sur le long terme, je le préfère à celui de Laura Gibson, même s'il ne m'a pas donné l'émotion de celle-ci, je suis obligé de parler des deux.

Vous pouvez l'écouter sur Spotify ici et lire la chronique de Magic qui en fait sa une au mois d'avril.

Notes

[1] Même si je reconnais volontiers qu'au cas d'espèce, tout cela est un peu rhétorique

[2] Un bon point pour elles : il n'y a pas de guitares sèches, seulement des synthés

 

Les filles américaines à cheveux (1/2)

Je ne suis pas musicien, malgré les tentatives répétées de mes parents de m'essayer à un instrument (piano, violon et clarinette). Cette activité demande une persévérance que je n'ai pas.

Pour autant, je me permets de critiquer les musiciens et en particulier, je n'ai jamais beaucoup aimé le côté poseur des musiciens : d'une part parce que je trouvais ça prétentieux, d'autre part parce qu'ils font rarement preuve de beaucoup d'originalité dans leur style. Par exemple, pour creuser le sillon du "Fleet Foxes bashing", le fait de se sentir obligé de porter une barbe et une chemise de bûcheron pour faire de la folk m'énerve. A l'inverse, certains artistes et certains seulement, peuvent se permettre d'avoir la classe tout le temps et indépendamment de leur style : Jarvis Cocker, dont le style est soigné mais s'efface devant la présence du bonhomme ; Pete Doherty, au concert duquel il était amusant de comparer sa tenue (probablement du Dior mais quand même une chemise trop large et maronnasse et un fut trop large aussi) et celle du public (70% des gamins portaient des pantalons slim en espérant ressembler à leur idole).

Si on quitte le général pour aller vers le particulier, il y a chez les filles américaines qui font de la musique un genre spécifique : la fille aux cheveux longs, avec un air mystérieux, des fringues plus ou moins belles et plus ou moins roots et, de préférence, une guitare sèche dans les mains (un succédané franco-italien est Carla Bruni période pré-Sarkozy). C'est aussi un genre qui m'énerve parce qu'il me rappelle les nénettes de première L qui parlaient d'art et prenaient un air extrêmement méprisable à l'égard des bigleux fort en maths et sapés par leur mère comme moi.

Donc, par défaut, une chanteuse qui a choisi ce style ne me plaît pas et il est probable que sa musique non plus car c'est souvent une espèce de folk mollasse avec "une voix si belle et si profonde". Et comme elles viennent souvent avec un barbu...

Mais, même là-haut dans ma tour d'ivoire, je suis moi aussi sensible aux effets de la mode et comme ça fait maintenant plusieurs mois que je me farci régulièrement de nombreux groupes folk car c'est ça aujourd'hui l'actualité de la musique indépendante (ma bonne dame), mon oreille commence à percevoir les nuances du genre et même à en apprécier quelques pièces[1]. En particulier, ceux qui flirtaient avec la pop (Noah and The Whale par exemple) m'attiraient imperceptiblement vers des rivages inamicaux. Il fallait donc que ça arrive et que j'aime une de ces filles à cheveux avec une guitare sèche. J'étais prêt.

Et c'est tombé sur Laura Gibson, découverte via le podcast de "You disappear". Au passage, je suis un grand fan des photos de John et quand il a commencé un blog musical (ce fameux "You disappear") puis un podcast, je me suis dit que ce serait intéressant à suivre. Bon, il écoute beaucoup trop de musique trop calme mais son premier podcast, pour un coup d'essai, est un coup de maître : pendant 13 minutes, il enchaîne les titres bons mais pas géniaux et finit sur "Where Have All Your Good Words Gone?" de Laura Gibson, qui m'a flanqué des frissons en marchant dans la rue.

En l'écoutant ensuite, je n'ai pas retrouvé la même intensité mais la chanson, et le reste de l'album, sont quand même bons. En particulier "Spirited", qui est la plus dynamique de l'album.

Si vous aimez bien, allez acheter l'album ici, la version digitale coûte moins de 8 $ (soit à peine 6 €).

MP3 : Where Have All Your Good Words Gone?

MP3 : Spirited

Et je ne vous mens pas : elle a vraiment les cheveux longs (et l'air un peu trippé) :



LauraGibson-03-big.jpg

Fin de la première partie.

Notes

[1] Sachant que comme tout bon amateur de musique, j'ai "Harvest" de Neil Young dans ma bibliothèque

 

samedi 18 avril 2009

10 ans de plus

Quand on a 30 ans, c'est un peu comme si on gagnait 10 ans d'un coup. C'est avec un amusement certain que j'essaie de me souvenir de ma vie il y a 10 ans.

L'époque prépa était finie depuis presque un an et la campagne BDE était en cours. Je me débattais déjà pour acquérir au moins la B.C.I. en Télécoms (Base des Connaissances Indispensables). A l'époque, Netscape dominait le marché des navigateurs et je faisais partie de ceux qui préféraient regarder leurs mails en utilisant l'excellent Pine :

pine-mainscreen.png

J'avais déjà ma belle télé Brandt achetée chez But (et une Playstation 1 pucée), que je rêve aujourd'hui de voir mourir pour être dans l'obligation d'acheter un écran plat ou un vidéoprojecteur.

Je tentais mes premières expériences d'évolution d'un camembert à l'air libre sur une longue période : si c'est dans le froid, ça rabougrit, si c'est dans le chaud, ça pue.

Je commençais à penser beaucoup à une jolie fille rencontrée un an et demi plus tôt : aujourd'hui, je me lève tous les jours avec elle et nos deux enfants.

En 2000, je suis parti six mois au Canada avec l'ami Bijou pour un "stage" qui m'a surtout permis de rayer une orientation possible pour ma carrière professionnelle (la recherche en l'occurence). J'étais pas beaucoup avancé mais j'y ai acquis une affection pour le Canada (et non le Québec) et le hockey. Avec les sous, j'ai acheté mon premier mac, un iMac DV Spécial Edition graphite avec un disque de 30 Go (!) pour faire de la vidéo. Ça m'avait quand même coûté 13000 Francs :

imacdvgraphite.jpg

En 2001, j'ai péniblement terminé Télécom (avec un trimestre de retard quand même).

En 2002, une rapide nouvelle expérience professionnelle m'a convaincu qu'à 23 ans, je n'étais pas encore prêt pour travailler vraiment : je suis vite retourné sur les bancs de l'école, à Sciences Po cette fois. J'en profite pour commencer ce blog.

En 2003, j'ai fait durer le plaisir : des études pour la culture, un stage moyennement stimulant et un temps non négligeable passé à l'Abbaye.

En 2004, à mi-chemin, on s'y met vraiment : diplôme de Sciences Po et premier vrai boulot : à l'ART, devenu Arcep.

Fin du chapitre "je cherche ma vie professionnelle" (avant un tome 2 ?)

Début du chapitre "Love love love"

En 2005, mariage avec Cécile, donc. Presque tous les amis sont là, c'est cool. Superbe livret de famille illustré du non moins superbe logo de la ville d'Abbeville :

LOGOABBEVILLE.jpg

En 2006, la naissance de Louise constitue certainement l'événement le plus important de l'année.

En 2007, je change de poste à l'Arcep et nous arrivons à continuer de partir en voyage (Inde deux semaines). On en a bien besoin après l'élection de l'autre con.

En 2008, j'abandonne de plus en plus le cinéma pour aller de plus en plus au concert.

En 2009, Simon naît en janvier.

Voilà, pour résumer, après une première décennie consacrée au langage, à la marche et au jeu, une deuxième à l'école, aux premiers amis et aux amours unilatérales, la troisième aura donc été celle de l'amour (bilatéral) et du passage à l'âge adulte. Rendez-vous à 40 ans.

Pour illustrer tout ça, une petite playlist "10 ans, 11 chansons" à écouter sur Spotify (c'est comme deezer en mieux : il faut s'inscrire ici)

 

mercredi 18 février 2009

La SNCF, ou comment convertir les gens au libéralisme par des attentions quotidiennes (ou pas)

Aujourd'hui, expérience douloureuse au guichet SNCF : je veux me faire rembourser une place parmi cinq sur un billet aller-retour Paris - Bourg Saint Maurice fin mars. J'ai pris le billet le 12 janvier. Le guichetier fait la manip et m'annonce qu'il va me rembourser 109 euros alors que le prix du billet est de 160 euros par personne et qu'il est précisé qu'on peut se le faire rembourser intégralement avant le départ (billet "Loisir"). Pourquoi ? Parce que les cinq billets étant sur le même ticket physique, il a dû annuler les cinq billets et en reprendre quatre à la place, mais aux nouveaux tarifs, plus chers.

Déjà ça ça énerve. Mais quand le mec vous explique que si j'avais eu une carte Smiles ou que j'étais venu acheter les billets au guichet plutôt que sur Internet, j'aurais eu des billets individuels et j'aurais pu me faire rembourser intégralement une seule des cinq places, ça énerve un peu plus.

Quand enfin, il me reprend pour me dire que je ne suis pas un usager mais un client, je bouillonne. Déformation professionnelle oblige, je lui répond que j'ai hâte de pouvoir choisir un transporteur moins con que la SNCF pour mes billets de train.

Alors qu'au fond, mes convictions politiques ET économiques me laissent penser qu'un monopole économique est la meilleure solution pour le rail, vu que c'est un monopole naturel, où l'innovation ne semble pas nécessiter "l'aiguillon de la concurrence" (voir le TGV) et vu que la relation d'un monopole avec ses usagers est quand même beaucoup plus agréable pour ceux-ci que celle d'une entreprise privée avec ses "clients"/vaches à lait.

Cette expérience m'a donc confirmé dans l'idée que pour convertir les gens à la libéralisation et à la concurrence, le mieux n'est pas de leur expliquer que c'est pertinent économiquement (surtout qu'en ce moment, ce serait un peu dur) : il suffit qu'avant la libéralisation, on dise au monopole de se conduire comme une entreprise privée (mais sans concurrents), par exemple en créant des tarifs incompréhensibles ou en chipotant sur les conditions de remboursement. Au bout de quelques années, les clients seront tellement excédés qu'ils attendront avec impatience un concurrent pour se venger.

Bonne nouvelle donc, la concurrence sur le rail commence en 2010 (c'est pas une bonne nouvelle en fait).

PS : j'aurais aimé qu'on soit plus transparent quand on faisait voter les gens sur l'Europe, en leur expliquant qu'un des effets collatéraux, c'est la privatisation d'EDF, La Poste, la SNCF et France Télécom.

 

jeudi 12 février 2009

Ce que j'aime en ce moment

Faire de la cuisine avec des boîtes de conserve.

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Ecouter Jeremy Jay, la musique toute en tension qui sait parler de l'amour et de la timidité. (cliquez sur la photo)

JeremyJay470.jpg

Découvrir des vieux films et des cinéastes que je ne connaissais pas : "The Edge of the world" de Michael Powell

edge04.jpg

Porter mes deux enfants en même temps.

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lundi 9 février 2009

Pour ceux qui en doutaient

Pour ceux qui doutent de la responsabilité de la France dans le régime de Vichy, l'ignoble M. Lefebvre rappelle qu'il n'y a pas besoin d'occupant pour se comporter comme un collabo : "La dénonciation est un devoir républicain" a dit ce brillant homme, qui doit regretter d'être né 65 ans trop tard.

(Mal)heureusement, lui et son chef travaillent dur pour que ce genre d'idées retrouve le succès qui a été le sien.

 

jeudi 29 janvier 2009

Auditorium

Je suis allé voir le classement 2008 d'Ecrans.fr (meilleure série, meilleur jeu vidéo, meilleur site et meilleur jeu chronophage) et je dois dire que je suis assez d'accord avec les classements : Dexter, même si la saison 3 n'atteint pas le sommet de la 2, GTA, auquel je n'ai pas joué et "Tu mourras moins bête", devenu un blog indispensable (dernier post sur la durée de vie des cellules du corps humain indispensable).

Enfin, j'ai découvert un jeu que j'avais raté en 2008 et qui est effectivement un des plus beaux et captivants jeux que j'ai vu sur le net : Auditorium.

Comme je suis fainéant, j'ai repris une image sur un autre site.

 

Drummers

Deux chansons sur les batteurs sur l'iPod en ce moment :

"Drummer" de Coconut Records. C'est le deuxième album et il est évidemment moins bon que le premier même si ce type est sacrément doué pour faire de la pop (allez écouter "Microphone" sur myspace ou la meilleure, "Saint Jerome", ici).

Drummer

"Just like a drummer" de The Wave Pictures. Ceux-ci profitent de mon accoutumance aux voix nasillardes due à une écoute assez approfondie de "Clap your hands say yeah". Leur album a un joli succès critique (notamment chez Magic et à la Blogotheque).

Spéciale dédicace to Lalo.

 

mercredi 21 janvier 2009

Deuxième

Simon est né.

IMGP8713.jpg

Et déjà, je perçois la différence avec Louise : lui est vierge et grandira avec elle comme évidence, elle doit maintenant apprendre un nouveau modus vivendi familial.

Quant à moi, j'ai encore pensé m'arsouiller pour fêter ça car j'aime bien ce concept mais l'événement est trop personnel pour en faire une rigolade.

Je suis heureux.

PS le 22 : c'est un comble mais la chanson que j'avais en tête pendant tout l'accouchement était une chanson de Belle & Sebastian :

 

vendredi 2 janvier 2009

Une année de musique - 2008 - le top et les stats

Albums

Sans s'attarder, voici les albums qui m'ont donc marqué cette année :

VampireWeekendCD2.jpg metronomy.jpg black_kids-partie-traumatic-album_art.jpg deptofeagles.jpg beck-modern-guilt.jpg born_ruffians.jpg Orouni-JumpOutTheWindow465.jpg walkmencover.jpg

Vampire Weekend - Vampire Weekend
Metronomy - Nights out
Black Kids - Partie Traumatic
Department of Eagles - In Ear Park
Beck - Modern Guilt
Born Ruffians - Red Yellow and Blue
Orouni - Jump out the window
The Walkmen - You & Me

Mentions spéciales à

nighttiming.jpg misophone.jpg theclash.jpg

Coconut Records - Nighttiming
Misophone - Where has it gone, all the beautiful music of our grandparents ? it died with them, that's where it went...
The Clash - Live at Shea Stadium

Chansons

Il manque "Nothing down there but trees" de Misophone, "On my shoulders" de The Do, "West Coast" de Coconut Records et "Sweet Love for Planet earth" de Fuck Buttons, qui ne sont pas sur Deezer. Mais l'idée y est.

Stats

Grâce au monde merveilleux des logiciels et d'Internet, j'ai deux sources de statistiques sur ce que j'ai écouté : iTunes et Lastfm. Ces outils confirment plus ou moins le classement ci-dessus. Ils nous apprennent de plus qu'il y a eu différents artistes dominants dans l'année : Vampire Weekend et Coconut Records au premier semestre, Black Kids pendant l'été, des choses plus sérieuses en fin d'année (Born Ruffians, Department of Eagles, Deerhunter). Voici une belle illustration graphique sur les stats Lastfm :

graph_57943.jpg

Et en termes d'écoute, voici les classements :

Albums :


Côté iTunes, c'est un peu pareil, on y apprend que "Nighttiming" se hisse à la troisième place des albums les plus écoutés (derrière "Home" de Benjamin Biolay et Chiara Mastroianni et "The Libertines" des Libertines) tandis que "Vampire Weekend" est 8ème et "Partie Traumatic" 22ème. Pour les chansons, West Coast est 5ème, M79 7ème, Mansard Roof 9ème. Notons l'excellente 2ème place de "Gronlandic Edit" d'Of Montreal, qui est certes sortie en 2007 mais que Cécile a contribué à hisser à ce niveau. il faut qu'elle est vachement bien.

Et pour finir ce billet bien nombriliste, iTunes compte maintenant les sauts de chanson, c'est-à-dire le nombre de fois qu'on est passé à la chanson suivante sans attendre la fin. En tête du classement, ce sont des bonnes chansons mais que je n'ai pas toujours envie d'écouter : "He needs me" (la chanson de Popeye reprise dans "Punch drunk love"), "Mourir d'un oeil" de la très douée Daphné et "Music Hall" de Dominique A.

 

mercredi 31 décembre 2008

Cinéma en 2008

Cette année, nous ne sommes encore pas beaucoup allés au cinéma (mais beaucoup plus qu'en 2007, voir plus bas) donc je ne retiendrai que trois films :

No country for old men

No_Country_For_Old_Men_-_Thinpack_R1-_cdcovers_cc_-front.jpg Probablement le film de l'année : un vrai choc en le voyant et un excellent souvenir, quelques mois plus tard. Les frères Coen sont des rois de la mise en scène et ont trouvé là un scénario superbe. Tout y est bon. Difficile d'oublier Javier Bardem et sa coupe au bol, y compris dans Vicky Christina Barcelona. Heureusement, Scarlett et Penelope nous permettent de penser à autre chose.

A bord du Darjeeling Limited

darjeeling.jpg Le nouveau Wes Anderson n'a pas l'excellence de "La Vie Aquatique" mais on y retrouve la même tendresse et le même humour. C'est un grand plaisir de voir ses films et celui-ci m'a semblé en plus pertinent dans le propos sur la fraternité et le rapport au père (je sais que tout le monde n'est pas d'accord). Le tout porté par un Jason Schwartzman des grands jours, notamment dans le court métrage d'ouverture, "Hotel Chevalier".

Le silence de Lorna

lorna.JPG Enfin, ce n'est pas le film le plus marquant de l'année mais "Le Silence de Lorna" confirme pour moi le génie des frères Dardenne et leur capacité à montrer un monde réel mais inconnu. Ce sont là encore des réalisateurs qui comptent parmi les meilleurs du monde et dont l'obstination à traiter des sujets difficiles les rend plus sympathiques encore pour moi.

Et il ne serait pas honnête de ne pas saluer la comédie américaine moderne, emmenée par le génial Will Ferrell et sur laquelle j'ai beaucoup étendu ma culture, au cinéma et en DVD/DivX (Frangins malgré eux, Semi Pro, Tonnerre sous les Tropiques, Hot Rod, Drillbit Taylor, Le Nouveau, Toutes les femmes de ma vie). Si je devais n'en conseiller qu'un, je pense que ce serait Semi-Pro.


Passons aux choses sérieuses : les stats.

Je notais l'année dernière que l'arrivée d'une personne supplémentaire dans la famille avait pas mal ralenti notre nombre de sorties, au cinéma en particulier. Les choses ont changé cette année et nous sommes allés plus souvent au cinéma (17 fois contre 8), tout en restant loin de nos plus hauts historiques (59 fois au cinéma en 2003 et 2004). Nous verrons ce que l'arrivée d'une autre personne supplémentaire fera en 2009.

On peut donc dire que nous avons enrayé le casaniérisme qui nous guettait mais ça a été aux dépens de la diversité dans les films que nous voyons. En effet, la part des films américains continue d'augmenter (tout confondu : cinéma, TV, DVD, DivX). On va dire que c'est grâce à la vitalité du cinéma américain, qui reste toujours à mes yeux le plus intéressant du monde, et à la pauvreté du cinéma français notamment.

 

dimanche 28 décembre 2008

Une année de musique - 2008 - la pop

C'est bien beau de parler des genres mineurs que sont le folk, l'électro ou le rock mais la bonne musique, ça reste la pop et cette année a vu quelques découvertes rafraîchissantes.

Deux groupes se détachent nettement (voir les stats à venir) : Coconut Records et Vampire Weekend.


Coconut Records

coconut_records.jpg

Coconut Records est le "groupe" de Jason Schwartzman, qui a sorti en 2007 un album ("NIghttiming") non distribué en France et que j'ai découvert en avril grâce à l'indispensable Blogothèque. Ça tombait bien parce que les beaux jours arrivaient et que cette musique est parfaite pour l'été. C'est pour moi l'essence même de la pop : une musique légère, ensoleillée, avec une voix triste et pleine de sentiments que la musique n'exprime pas. Quand, en plus, les paroles sont d'une simplicité désarmante ("Hey Don’t talk to me that way Don’t talk to me that way I don’t ever want to hear you say"), ça devient facilement le disque de l'année.

Et si ce bonhomme se révèle être un des acteurs de l'année (pour Darjeeling Limited) et qu'il est né en 1980, soit on le déteste, soit on le vénère. J'ai choisi la deuxième option. Nouvel album en janvier, le deuxième est toujours le plus dur.

Coconut Records - Easy girl (Alternate version)


Vampire Weekend

vampire-weekend.jpg

Le problème de Coconut Records, c'est qu'il est sorti en 2007, donc le disque de l'année 2008 sera plus sûrement Vampire Weekend. J'attendais depuis quelque temps de retrouver un groupe qui me marquerait vraiment. Ces dernières années, ce furent The Strokes, The Libertines et Arcade Fire mais depuis 2006, je n'ai pas eu de révélation. L'année dernière avait vu quelques bonnes idées chez The Fiery Furnaces, Midlake ou Seabear mais rien de vraiment nouveau comme peut l'être VW.

Même si Vampire Weekend montre des signes de jeunesse, l'album est vraiment bien construit et équilibré. Les voir en concert a confirmé cette impression : alors que la musique semble très riche (avec des cordes, des lignes de synthé, etc.), je me suis aperçu que chacun ne fait que jouer une partition relativement simple, l'ensemble s'orchestrant de façon parfaite. Ce concert m'a rappelé ceux d'Arcade Fire et de Thomas Fersen et c'est vraiment ce genre de concert que je préfère (même si j'ai redécouvert les concerts de gros excités).

Reste maintenant à voir comment ces jeunes gens bien élevés évolueront : ceux qui les ont vu en début et en fin de tournée peuvent déjà attester de leurs progrès. En tout cas, ça fait plaisir, parmi tous ces nouveaux groupes, d'en trouver un ou deux donc on sait qu'on voudra écouter le deuxième album.


Le reste

Dans le genre que je suis depuis longtemps mais dont j'écoute un album sur 4, j'ai vraiment beaucoup aimé le "Modern Guilt" de Beck, sorti en juillet et qui est le meilleur que je connaisse.

Pour rester dans les vieux trucs, je dois reconnaître qu'après avoir chiotté tout ce que je pouvais sur Belle & Sebastian, j'ai pris un peu de plaisir à écouter (d'une oreille distraite) les BBC Sessions de ce groupe qui, comme me l'a rappelé Jérémie, représente pour certains la base de la pop.

J'en ai déjà parlé mais je salue à nouveau la recherche et le style de Born Ruffians dont l'album "Red Yellow and Blue" a le mérite d'éviter la routine couplet-refrain-couplet et qui m'a, après plusieurs écoutes, procuré beaucoup de plaisir.

Enfin, j'ai failli oublier la copine de Jason Schwartzman, qui a sorti, elle, un album cette année : le délicieux "Volume One" sous le nom de scène de She & Him. Je parle de Zooey Deschanel, bien aidée par M. Ward et dont la meilleure chanson ("Sweet darlin'") est écrite par Jason (comme on l'appelle entre nous).

 

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