Le journal de b.p. 3

C'est mon blog

vendredi 20 octobre 2006

Les films dont on ne parle pas assez : "Zim and co" de Pierre Jolivet

Pour commencer réellement cette nouvelle série sur les films qui méritent et ont besoin de soutien, je vais parler de "Zim and co", film de Pierre Jolivet sorti il y a quelques mois. Nous l'avons vu jeudi dernier, après l'avoir loué en DVD. En fait, nous l'avions loué car nous avions bien aimé la bande-annonce au cinéma mais la distribution avait été un peu light pour que nous puissions aller le voir. Et finalement, on aurait bien fait !

Ce film parle de la banlieue et des p'tits gars qui y habitent, sans trop savoir quoi y faire. Ce sont en quelque sorte des barnleurs, mais très solidaires et très conscients de l'importance des relations humaines. Le film déroule ainsi les aventures de "Zim", le blanc de la bande mais aussi de ses copains "Cheb" et "Arthur". Il montre bien que sans vouloir brûler des voitures mais en cherchant à garder une fierté de jeune garçon de 20 ans, ils se retrouvent à risquer la prison et à enchaîner connerie sur connerie, chacune étant destinée à rattraper la précédente.

Jolivet montre donc les galères de ces jeunes sans cacher leur responsabilité mais il montre aussi à quel point ces gars là ne sont pas aidés par les flics, les profs ou les juges. Le film pourrait être déprimant mais comme il est rythmé par des scénettes souvent drôles et les dialogues plein d'humour des trois garçons, on ne s'emmerde pas et j'ai éprouvé une vraie tendresse pour ces personnages.

C'est dommage qu'un film comme ça soit si peu diffusé parce qu'il propose une vision des banlieues bien différente du 20 heures.

NB : Tous ces propos sont tenus par un auteur qui n'a jamais habité en banlieue et est bien incapable de savoir qui a raison.

PS : la bande-annonce.

dimanche 17 septembre 2006

Deux de chute


Little Miss Sunshine, originally uploaded by Beard Papa.

Ça y est, mon projet connaît sa première entorse : aucun n'est venu garnir vendredi et samedi. Vu l'état du monde ce matin, je me dis que j'aurais pu faire attention. Surtout que j'avais un sujet tout trouvé pour vendredi : un film ! D'abord, commençons pas les ragots : on se dirige vers le Gaumont Parnasse et en entrant, qui c'est qu'on voit pas sortir du cinéma ? ... Raymond Domenech et Estelle Denis ! Elle avait l'air un peu gêné mais lui avit l'air content que les gens se retournent pour le regarder. Je ne sais pas s'ils sortaient d'un film (lequel ?) ou s'ils renonçaient simplement à y aller.

Après cet épisode "people" (complété le lendemain par la rencontre de Cécile avec Gabriel Mercoeur...), on a donc été voir l'excellent "Little Miss Sunshine". Commençons par la critique : c'est un film "indépendant" américain qui prend comme point de départ le voyage d'une famille assez originale vers la Californie, pour que la plus jeune participe à un concours de beauté. Le ressort du film est fondé sur l'équilibre entre les personnages, chaque personnage étant affecté d'un petit grain destiné à produire des situations comiques. Et ça marche ! Cet assemblage engendre des scènes mémorables et extrèmement drôles (ma préférée est la scène du repas du début) tout en apportant au spectateur un attachement à chaque personnage. Concernant le rythme, le début m'a tellement emballé que j'ai regretté par la suite les quelques baisses de régime mais l'ensemble est très bien emmené et, comme souvent pour ce genre de films, on est presque triste quand ça s'arrête. Je conseille donc d'aller le voir.

Je profite de ce sujet pour noter la grande cohérence du mouvement "indépendant" américain. Ce film cartonne aux Etats-Unis et a reçu de nombreux prix. Il est effectivement original mais on peut le rapprocher d'autres oeuvres découvertes ces dernières années. Premièrement, il y a deux chansons de Sufjan Stevens, ce qui cadre complètement avec le genre. Ensuite, dans ce film, on a une nouvelle fois affaire avec la mort sous un angle tragi-comique, comme dans la série "Six Feet Under" ou dans la BD "Fun Home" diffusée cet été dans Libération. Cette BD autobiographique raconte la jeunesse de l'auteur dans le funérarium familial, comme dans "Six Feet Under". Et dans cette BD, le père est passionné de Marcel Proust, comme l'oncle dans "Little Miss Sunshine"... Je trouve donc qu'on retrouve rapidement des thématiques similaires entre des oeuvres qui se prétendent toutes "originales".

Pour conclure sur ce film, je conseillerais aussi le visionnage de "The Taste of Tea", dans la série des films sur une famille. C'est sorti l'année dernière et c'est assez génial.

Enfin, comme ce billet doit en valoir trois, je signale que Nantes a encore perdu hier soir (contre Valenciennes !!) et occupe désormais l'avant-dernière place du classement de Première Division. Heureusement, je me console en suivant le parcours du Paris FC, qui reste 7ème du National malgré l'égalisation à la dernière minute de Raon L'Etape hier après-midi. C'est dommage pour eu, surtout que c'était leur premier match dans leur stade de la Porte de Montreuil.

mardi 22 août 2006

Morceau par morceau

Après l'excellente affiche de Saw II, les producteurs ont réussi à renouveler le concept pour Saw III.

Saw II :

Saw III :

vendredi 19 mai 2006

Descente du DVC

Bon article de Libé sur le nouveau film de Ron Howard, qui aurait été vu à Cannes récemment. Voir aussi la chronique SMS en direct de Fluctuat.

mercredi 19 avril 2006

Le bon grain et l'ivraie

En ces temps post-pascaux, rien de tel qu'une bonne référence biblique pour comparer deux des sorties de la semaine dernière : à ma droite, "Inside man", dit "Le bon grain" ; à ma gauche, "Les brigades du Tigre", dit "L'ivraie".

"Inside man" est un film de commande réalisé par Spike Lee : il met en scène un braquage assez ingénieux et confronte Clive Owen, en cerveau mystérieux, Denzel Washington, en flic blagueur qui comprend mais qui peut rien faire et Jodie Foster, en manipulatrice au service des puissants. Tout le film est soutenu par la performance excellente de ces trois acteurs et par la volonté de Spike Lee de faire un film rusé et classieux. Ca marche et j'ai pris beaucoup de plaisir à me laisser entraîner par l'intrigue et les scènes d'action. Je conseille à tous les amateurs de films d'action bien ficelés d'aller le voir.

De son côté, "Les Brigades du Tigre" est aussi une sorte de polar historique, au début du XXème siècle sur les brigades mobiles créées par Clémenceau pour renforcer la sécurité. On trouve aussi quelques bons acteurs : Clovis Cornillac est très bon en commissaire Valentin, qui, lui aussi, ne peut rien faire. Edouard Baer est un peu sage et Diane Kruger est juste dans le registre de la princesse fragile au grand coeur. Seul Olivier Gourmet est énervant, affublé comme il est d'un accent du Sud qu'il fait aussi bien que moi. Par contre, la réalisation est catastrophique : on a l'impression d'être devant un téléfilm pour personnes âgées tellement les sentiments sont surlignés par la musique et la mise en scène. En plus, l'intrigue ne prend pas du tout et on ne comprend pas bien si le fim se veut policier, historique ou documentaire. Une bonne déception au final. Je conseille à tous les amateurs de cinéma de garder leurs 10 euros et d'attendre de le voir à la télé pour s'endormir sur la canapé de mémé.

jeudi 6 avril 2006

Mythe de retour

Clerks revient dans "Clerks II" ! La bande-annonce : ici

dimanche 8 janvier 2006

Les tops de l'année 2005 - Cinéma


2

1

3

Voici donc le top 10 des films découverts cette année :
1. Trois Enterrements de et avec Tommy Lee Jones, avec Barry Pepper et Julio Cedillo
2. L'Enfant de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Jérémie Renier et Déborah François
3. La vie aquatique de Wes Anderson, avec Bill Murray, Owen Wilson et Cate Blanchett
4. Match Point de Woody Allen, avec Jonathan Rhys-Meyers et Scarlett Johansson
5. Caché de Michael Haneke, avec Daniel Auteuil et Juliette Binoche
6. Taste of tea de Katsuhito Ishii, avec Maya Banno, Takahiro Sato et Tadanobu Asano
7. My Summer of Love de Pawel Pawlikowski, avec Nathalie Press et Emily Blunt
8. Gabrielle de Patrice Chéreau, avec Isabelle Huppert et Pascal Greggory
9. Le petit lieutenant de Xavier Beauvois, avec Jalil Lespert et Nathalie Baye
10. La Guerre des Mondes de Steven Spielberg, avec Tom Cruise

et aussi : Vera Drake, Serial Noceurs, Broken Flowers, Three Times, Locataires et Sin City.

Mention spéciale aussi à "Cris et Chuchotements" la découverte-choc de Bergman et le meilleur film que j'ai vu cette année, "Sept ans de réflexion", "Miller's Crossing" ou encore "Batman 2".

On notera dans les 10 qu'il y a 4 films américains (contre 6 en 2004), deux français, un franco-belge et un franco-autrichien et enfin un anglais et un japonais. Belle diversité...

D'autres tops : Télérama, Fluctuat, Chronic'art, Pierrot et ses copains : ici, , et .

Sinon, en terme de bilan, ça fera 82 films vus, dont 54 au cinéma (44 au MK2 = "carte rentabilisée ?"), 15 à la télé (en forte hausse) et 13 en DVD, 17 films français (soit 20,7%), 48 films américains (58,5%), 9 films européens (11%), 8 films asiatiques (9,8%).

Concernant les années, 43,9% des films sont datés de 2005 et 19,5% de 2004, pour un total de 63,4% de films très récents contre 65,1% en 2004 et 66,7% en 2003.

Les évolutions par rapport à l'année dernière, c'est plus de films à la télévision, ce qui devrait se confirmer en 2006. Du coup, un peu plus de vieux films et surtout beaucoup plus de films américains. La conclusion, c'est donc que l'embourgeoisement est définitivement en marche.

Les graphiques complets ci-dessous :



Cinéma de septembre à décembre

Rapidement, avant le top de l'année, un petit passage en revue des films vus depuis septembre.

Le bon cinéma étranger de la toute fin d'année

Si l'année 2005 a été un peu décevante, sa fin a quand même vu la sortie de plusieurs bons films étrangers. Toput d'abord, "Match Point", le nouveau Woody Allen, qui marque une amélioration énorme par rapport à ses derniers opus (dont je ne me souviens même plus). Finie l'auto-lamentation judéo-psychanalyste, Woody parie sur de jeunes acteurs pour trouver quelque chose de nouveau à dire : le film raconte une histoire d'amour confrontée à des conventions et à l'ambition du héros. Même si celui-ci n'a pas le beau rôle dans le film, on a du mal à ne pas y voir une victime et finalement, le personnage le plus malheureux. Tout ça est dit avec finesse et est soutenu par une réalisation excellente. Je l'ai vu après Keane, et j'ai apprécié la capacité de Woody Allen de faire exprimer des sentiments à ses acteurs avec un caméra fixe et sur la base de leur seul jeu.
Autre grand réalisateur, réussite diverse : David Cronenberg. J'ai un excellent souvenir de "Spider" dont l'ambiance m'avait vraiment marqué. Dans "A history of violence", Cronenberg adapte une BD sur un type, dans une bourgade calme, qui, après un fait d'armes face à des truands, voit arriver des tueurs qui le prennent pour l'ancien collègue qui les a balancé aux flics des années avant. La violence fait donc irruption dans la vie de sa famille. Le film n'est pas vide : on comprend bien la symbolique représentée par Viggo Mortensen, c'est-à-dire le double visage des Etats-Unis. La réalisation est elle-même souvent réussie et tout le début du film m'a tétanisé d'angoisse. Le problème se situerait plutôt à la fin, où il y a une sorte de séquence de jeu vidéo à Philadelphie et également dans le mystère qui entoure jusqu'au bout autour de Mortensen. Le film aurait sans doute gagné à présenter ce qu'il était avant (à part Aragorn), sous une autre forme que les réminiscences qu'il montre quand il prend une arme.
"Trois Enterrements" présente lui aussi un défaut un peu gênant mais qui ne suffit pas à gâcher ce film lumineux et profond. Le regret c'est donc le côté "christique" de la rédemption, parfois un peu lourd et un peu gros. A part ça, c'est un film génial sur l'amitié, avec pour fond des paysages fascinants (déjà vus et déjà fascinants dans "Gerry") et des acteurs géniaux eux aussi. Je me suis complètement pris dans cette mission que se fixe Pete Perkins (Tommy Lee Jones) et qu'il suit sans se poser de questions. On retrouve là dedans un peu du Peckinpah de "Major Dundee", en version individuelle et sans doute meilleure. Le grand film de la fin 2005.
Enfin, "Three Times", le dernier de Hou Hsiao Hsien et le premier que je vois, enfin. Un film découpé en trois parties : 1966, 1911 et 2005. Trois parties qui se répondent et qui donnent tout l'intérêt au film. J'ai eu un peu de mal avec la deuxième, muette et plus lente mais c'est vrai qu'à la fin, le film gagne vraiment en profondeur lorsqu'on comprend que les personnages de 2005 portent l'histoire des personnages de 1911 et 1966. Dans le genre, ça fait un peu penser à la trilogie de Lucas Belvaux. Tout ça porté par une photo superbe et variée.

Le cinéma français(ophone)

Passons maintenant aux films français (francophones) pas drôles vus depuis septembre : "Caché" de Michael Haneke, "L'enfant" des frères Dardenne, "Le petit lieutenant" de Xavier Beauvois et "Gabrielle" de Patric Chéreau. Quatre films qui m'ont réconcilié avec le cinéma français alors que le reste de l'année avait été particulièrement creux et même si deux des quatre (les deux meilleurs ?) sont tournés par des réalisateurs étrangers.
"Caché" (2005) est le nouveau film de Haneke, le réalisateur de "La Pianiste" et de "Funny Games". J'avais bien aimé celui-là et détesté celui-ci tout en reconnaissant une capacité de mise en scène exceptionnelle. Son nouveau film marque, pour moi, un progrès par rapport à ces deux autres films car il conserve une mise en scène excellente, accompagnée d'un rythme crescendo très prenant, sans tomber dans la terreur pour le spectateur (ce qui était le cas de Funny Games). Le film parvient à générer des émotions fortes mais pas gratuites et c'est là sa réussite. L'image est là encore "sale" : c'est du numérique et ça donne la même impression qu'avec les mauvaises photos numériques (beaucoup d'aplats, une lumière trop crue). Mais cette image ne coupe pas pour autant le film de la réalité, comme ça pourrait être le cas sur "Lonesome Jim". Enfin, les acteurs sont très bons, même si j'ai une certaine réserve sur Auteuil.
"L'enfant" (2005) est, lui, le nouveau film des Frères Dardenne, "cinéastes de la misère belge". Là encore, un progrès par rapport à "Le Fils" et surtout à "Rosetta" (film sacré s'il en est...) : L'aspect positif prend définitivement le pas sur les côtés négatifs de la vis des protagonistes. On l'avait déjà perçu dans "Le Fils", on le confirme dans "L'enfant", autour de la même problématique du pardon et de la rédemption. Ce qui a été amusant, c'est que je m'atias tellement dit que ce serait déprimant que ma première réaction a été de dire : "c'est déprimant". Après discussion avec ma brillante épouse (cf. plus haut), je me suis aperçu de l'optimsme du film et ça m'a vraiment plu. Réalisation et acteurs vraiment très excellents.
De Xavier Beauvois, je n'ai vu que "Selon Matthieu" qui était déjà pas mal. Il confirme avec "Le Petit Lieutenant" (2005), plongée dans le quotidien de la Police Judiciaire. Là ce sont les acteurs qui sont fabuleux et le réalisme recherché (et trouvé !) par Beauvois dans la description du quotidien des flics. Là-dessus se greffe l'histoire de Nathalie Baye qui apporte la profondeur dont le film a besoin.
Enfin, "Gabrielle" (2005) de Chéreau, le nouvel opus intimiste de ce réalisateur après le génial "Intimité" et "Son Frère". C'est sans doute le moins bon des trois malgré les performances incroyables d'Isabelle Huppert et Pascal Greggory. Ce qui fait la force de Chéreau, ce sont ses sujets, élaborés avec Anne-LouiseTrividic. A nouveau, ce film pose des questions sur le couple, l'affection et l'amour qui ne peuvent pas laisser insensible. Dans la pratique, la voix off est à la fois superbe et trop présente, finalement. Mais le film méritait une bien meilleure carrière que celle qu'il a eu.
C'est rigolo comme quand je parle des films français, j'en viens naturellement à les inscrire dans un filmographie et à en "intellectualiser" la lecture.

Le cinéma indépendant américain

On continue avec les films de la catégorie "cinéma indépendant américain" et assimilés. Dans ce domaine, il y a eu plusieurs découvertes ces deux derniers mois, qui me font penser que le cinéma américain est peut- être le plus fertile et original actuellement. Là où il se distingue notamment du cinéma français, c'est par ses aspects positifs et optimistes, qu'on a bien du mal à trouver en France (voir le dossier de Libé sur l'année 2005 paru hier. Les exemples sur cette période sont au nombre de 6, pour faire large : "Rushmore" de Wes Anderson (1998), "Moi, toi et tous les autres" de Miranda July (2005), "Keane" de Lodge Kerrigan (2004), "Lonesome Jim" (2005) et, dans une moindre mesure, "Dodgeball" (2004) et "Collision" (2004).
Commençons par "Rushmore", le deuxième film de Wes Anderson (après "Bottle Rocket" et avant "La Famille Tenenbaum" et surtout l'excellent "La vie aquatique") est étrange par son sujet, ses personnages et même son rythme. Il raconte l'histoire d'un adolescent qui cherche à rester dans son collège (Rushmore) en faisant exprès de redoubler, et tout en acquérissant un statut dans le collège : il crée notamment des dizaines de clubs sur différents sujets pour se rendre notamment intéressant vis-à-vis de l'institutrice dont il est amoureux. Je n'arrive même plus à me souvenir de la fin. Ce qu'on en retient, c'est une impression bizarre avec, comme dans "La vie aquatique", un grand sentiment de mélancolie. On retient aussi les acteurs Jason Schwartzmann et Bill Murray.
Le deuxième film, plus récent, est "Moi, toi et tous les autres" de la vidéaste Miranda July. Comme chez Wes Anderson, il y a chez July un regard mélancolique sur le monde, qui traduit une façon particulière de considérer la vie et le quotidien. Le film est assez poétique et plaisant, avec une "galerie de personnages" (comme on dit) souvent sympathiques.
Le plus intéressant et que j'ai paradoxalement le moins aimé sur le coup, c'est Keane de Lodge Kerrigan. C'est le plus intéressant car il est beaucoup plus radical dans sa réalisation et son scénario. C'est l'histoire d'un type qui se cherche sa fille dans New York, fille qui a disparu quelques mois plus tôt alors qu'ils allaient prendre le bus. Visuellement, ça donne un film entièrement tourné caméra à l'épaule, avec des couleurs très crues, du grain dans l'image : tout ça est assez joli à part que la caméra à l'épaule m'a énervé car j'ai trouvé que Kerrigan utilisait trop ce procédé pour exprimer l'état d'esprit du personnage, au détriment du jeu d'acteur lui-même.
Plus tard, on a vu "Lonesom Jim", le nouveau film de Steve Buscemi, avec Casey Affleck (l'idole !). Là encore, peu de moyens et une image délibérément sale pour une histoire un peu plate mais qui produit quand même plusieurs moments touchants. Les acteurs sont très bien.
Dans un autre genre beaucoup plus commercial, "Dodgeball", loué en DVD et qui a bénéficié de ma nouvelle admiration pour la bande Wilson-Stiller-Vaughn-etc. Comme dans "Serial Noceurs", des fou-rires comme je n'en ai pas souvent (au point de devoir faire pause pour pouvoir regarder la suite) et surtout un film efficace, où on ne s'ennuie pas une seconde et qui ne s'attarde pas sur des scènes inutiles : le but unique est de créer des situations comiques et l'effet est d'autant plus réussi que ça s'enchaîne vite. Cerise sur le gâteau, je trouve que ces films comportent toujours une petite dose de subversivité bienvenue.
"Collision" ne se rattache pas complètement, à me yeux à ce nouveau cinéma américain. C'est effectivement un film indépendant mais tourné pour être un succès (ce qu'il a été) et selon des codes finalement assez classique dans le genre du film choral. Je n'ai pas eu l'impression que l'obejctif était d'explorer des formes d'expression mais plutôt de faire un film beau visuellement et efficace dans sa construction, avec ce qu'il faut de complexité pour que le spectateur ait l'impression d'être intelligent sans que le film soit complètement déjanté.

Les vieux films vus au cinéma

Cinq exemplaires de ce genre, de toutes origines : Japon, USA, France et de toutes époques : annnées 30, 50, 60 et 70. La meilleure surprises est clairement "Sept ans de réflexion" de Billy Wilder, où j'ai découvert le pouvoir séducteur de Marilyn Monroe, que j'avais un peu tendance jusqu'ici à considérer comme une fille mignonne comme une autre : ce n'est pas le cas. C'est donc une excellente comédie, rigolote et gentiment voyeuse, avec face à Marilyn, une sorte de "Jean-Pierre", très convaincant.
Ensuite, j'ai bien aimé "La femme dont on parle" de Kenji Mizoguchi. C'est un de ses films japonais qui est aussi une description de la société japonaise et de ses changements dus à l'occidentalisation. Vu par hasard et ça mérite vraiment d'être retenu comme film.
"Le Crime de Monsieur Lange" a aussi ce côté charmant de se passer à une époque révolue : le Paris des années 30. Le film est ancien mais très moderne dans son organisation et dans la réalisation. On n'a vraiment pas l'impression de s'infliger la consultation d'un vieil ouvrage dans le seul but d'accroître sa culture. Ce n'est pourtant pas le meilleur Renoir.
Vu très récemment, "Major Dundee" est un film de Peckinpah sur une espèce de loser (le major en question, joué par Charlton Heston), qui va poursuivre une bande d'Indiens avec un troupe de bras cassés. C'est donc l'histoire d'une quête sans fin, marqué par les rencontres avec des villageois(es) mexicains ou les troupes françaises. Et ça se termine pas vraiment puisque l'affrontement qu'on attend depuis le début entre le major et le lieutenant sudiste n'a finalement pas lieu. Sur le principe, c'est donc un film plutôt bon.
Enfin, un autre Woody Allen, "Bananas", beaucoup moins bon que "Match Point". C'était la période où Allen faisait des faux films de genre : l'excellent "Woody et les Robots" notamment. Dans "Bananas", c'est parfois très drôle, surtout au début et parfois un peu chiant, surtout à la fin. Du coup, l'impression finale est assez moyenne.

Les grosses productions de la fin de l'année

Ce qu'il faut se dire en général, mais surtout pour les grosses productions, c'est : "Quel est l'objectif du film ?". En général, la réponse est "se distraire", même si on peut en attendre un peu plus de réalisateurs comme Terry Gilliam et Roman Polanski.
Terry Gilliam, justement, sort son premier film après le désastre de "Don Quichotte", le premier qui sort donc depuis "Las Vegas Parano". On voit tout de suite que ces "Frères Grimm" ont d'abord pour fonction de ramener la bidoche à la maison mais aussi sans doute d'affronter un traumatisme. Gilliam ne s'est donc pas lancé dans un film à petit budget mais a souhaité faire un film "cher", avec beaucoup d'effets spéciaux, pour lesquels c'est bien agréable de voir des vrais effets mécaniques plutôt que des images de synthèse. Le point de vue de l'histoire est sympa : les Frères Grimm sont des bonimenteurs qui utilisent les légendes locales pour se faire payer comme exorcistes, jusqu'au moment où ils tombent sur des vrais phénomènes fantastiques... Le film est bien sympa et se laisse regarder, avec quelques allusions très légères aux grands films de Gilliam. Comme j'aime de plus en plus Matt Damon ("Gerry", "La mémoire dans la peau", etc.), ça donne un bon moment. L'objectif est atteint.
Le deuxième du genre est "Wallace & Gromit, la légende du Lapin-Garou", le nouveau film d'animation en pâte à modeler du Studio Aardman. Là encore, le côté artisanal fait vraiment plaisir à voir, en comparaison des "Indestructibles" par exemple. Comme dans les "Frères Grimm", les effets sont plus impressionnants du fait de cette "naturalité"... Sinon, le film déroule son histoire sans que ce soit génial non plus. Voilà un film qui fait surtout sourire sans fasciner non plus. Objectif atteint pour les moins de 15 ans, un peu moins pour les autres.
Vient ensuite "Oliver Twist", qui est vraiment le film gentil, avec un acteur principal vraiment trop gentil. Pendant toute la projection, je n'ai pas pu m'empêcher de penser aux pelletées de classes anglaises qui ont été emmenées le voir et au fait que ce traitement de cette histoire devait satisfaire complètement professeurs et parents. Du coup c'est un peu triste. Objectif plutôt raté.
Je ne m'attarde pas sur la livraison annuelle d'"Harry Potter", qui conserve judicieusement l'ambiance sombre du précédent mais qui ne restera pas dans l'histoire du cinéma. J'ai de plus l'impression qu'en les voyant grandir, je supporte moins bien le mauvais jeu des acteurs.
Enfin, "Palais Royal !", la comédie à succès de Noël, porté elle par des acteurs excellents et très appréciables et seul film de cette sélection à sortir un peu des ornières du film de producteur. Valérie Lemercier livre une comédie amère sur la célébrité qui n'est donc finalement pas qu'une comédie.

Les films à la télé

Ce qui est un peu chiant avec les films à la télé, c'est qu'on les voit de chez soi et qu'on est constamment distrait par la cuisine, l'envie d'envoyer un mail ou toute autre chose du quotidien ordinaire. Du coup, soit on loupe une partie du film, soit on regarde le film par morceaux. J'ai quand même mis les films que j'ai vu à la télé sur cette période (à l'exception de "L'échange") mais je reconnais que je ne m'en souviens pas toujours bien. C'est le cas notamment de "Moonstruck" (1987), un film avec Cher dans une famille italo-américaine sur une fille qui veut se marier avec un type qu'elle n'aime pas mais finalement tombe amoureuse de son frère. Heureusement qu'IMDb est là pour me rappeler l'histoire. Bof bof.
Ensuite, deux films italiens. Le meilleur est clairement "Nous nous sommes tant aimés" (1974) d'Ettore Scola qui raconte l'histoire de trois amis résistants pendant la guerre, dont les chemins s'écartent avec le temps. C'est un meilleur film que "Nos meilleures années", dans le genre "saga sur trente ans", avec d'excellents acteurs. C'est surtout un film sur (la fin de) l'amitié, les compromis obligés et enfin sur les Trente Glorieuses en Italie et la fin de cette époque que l'on sent déjà arriver.
"Les cent pas" (2000) est justement un film de Marco Tullio Giordana, le réalisateur de "Nos meilleures années", avec l'acteur qui jour Nicola dans ce dernier. Il raconte l'histoire vraie donc émouvante de Peppino Impastato qui a tenté dans les années 70 d'ouvrir les yeux de sa ville de Sicile sur le règne de la Mafia et qui a été tué en 1978, sans que cela entraîne un procès (réalisé quand même vingt ans après). Le film est parcouru d'une joie de vivre sympathique et contrebalancée par la peur sourde inspiré par la mafia : on sait qui c'est mais elle n'a pas de signes extérieurs de mafaisance (la mafia, quoi !). Au final, le film est sympa mais pas non plus révolutionnaire.
"Les sentiments" (2003) de Noémie Lvovsky rassemble quatre grands acteurs (Bacri, Baye, Poupaud et Carré) dans une grande maison en deux parties du Loiret avec pour thème la transmission, l'amour et la quarantaine. Le film s'ouvre avec un sentiment de grande liberté : les hommes sont des médecins qui gagnent bien leur vie, leurs femmes, au foyer, ont de temps et tout ce petit monde profitent de la vie et de leur nouvelle amitié. Cette liberté a cependant ses limites : lorsqu'Isabelle Carré essaie d'être l'amie de Nathalie Baye et l'amante de Jean-Pierre Bacri, le vernis craque et les sentiments profonds entre les protagonistes s'effacent devant les principes. C'est donc un film triste.
Plus joyeux, "La mélodie du bonheur" (1965), grand classique du cinéma américain, avec Julie Andrews (Mary Poppins). L'histoire d'une famille autrichienne dont la mère est morte et où la nouvelle gouvernante va rapporter la vie, à travers la musique. Film culte pour certains, certaines scènes sont réellement hallucinantes : quand les sept enfants chantent et dansent dans les alpages autrichiens, avec leurs tenues traditionnelles toutes dans le même tissu. Plus un petit couplet sur le patriotisme autrichien au moment de l'Anschluss, ça fait un petit film bien sympa.

Divers

Sans catégorie, deux films vus il y a un moment maintenant. Tout d'abord, "A vot' bon coeur", film très artisanal de Paul Vecchiali, un réalisateur anar qui n'arrivent jamais à financer ses films. Du coup, il a eu l'idée de faire un film où il descend tous les membres de la Commission d'avances sur recettes qui, dans son cas, sert à débloquer tout le financement d'un film. L'idée est rigolote, la réalisation est vraiment familiale et le film est du coup assez sympathique même si ce n'est vraiment pas fabuleux. C'est toujours bien de voir de temps en temps des films orginaux où le réalisateur se fiche des modes et fait ce qu'il a envie de faire.
Dans un autre genre, "The President's last bang", film coréen sur le renversement de la dictature en Corée du Sud. C'est sympa mais ça joue un peu trop sur les situations cocasses et c'est finalement peut-être un peu léger. Dans le genre, j'avais préféré "Capitaines d'avril".

Les daubes

Finissons par les plus mauvais, c'est-à-dire "Le Parfum de la Dame en noir", nouvelle adaptation d'un roman de Gaston Leroux par Bruno Podalydès, passablement dénué d'intérêt et pour lequel, pour la première fois, j'ai regretté de ne pas m'être endormi devant le film... Pour resituer le film, l'action (si on peut dire) se passe après celle du "Mystère de la Chambre jaune" (qui était bien, lui) et revient à attendre tout le film qu'Arditi débarque parce qu'en fait il n'est pas vraiment mort. A part ça, on comprend qu'Azéma est la mère de Rouletabille et ça nous fait une belle jambe. J'attends les commentaires au cas où j'aurais omis quelque chose.
L'autre grosse daube de la période nous a été offerte par TF1, un dimanche soir de misère. C'est "Proof of life", "L'échange" en français et en VF, avec Russel Crowe (OH !) et Meg Ryan (AHH !). En gros, l'histoire d'un agent d'assurances qui va négocier les rançons de ses clients assurés contre les prises d'otage. Beaucoup de choses à reprocher, mais je ne retiendrai que la plus importante : le film véhicule une espèce d'idéologie nauséabonde à base de néo- conservatisme américain. Deux exemples :
1. Quand les quelques mercenaires vont dans le camp des méchants pour libérer le client, ils se mettent à hurler comme des singes en lançant des injures sur les gars qu'ils attaquent à base de racisme et d'homophobie, et sans qu'on s'y attende.
2. A la fin, la gentille Meg retourne bien gentiment chez son mari car quand même le mariage, c'est plus important que tout. Du coup, on se demande un peu à quoi a servi tout le film...

mercredi 7 décembre 2005

L'art de l'affiche

Je suis très impressionné par les affiches pour le film King Kong qui sort le 14 décembre. Il y en a actuellement deux qui couvrent Paris et les deux dégagent une très belle impression visuelle dans les couleurs ainsi qu'une vivacité étonnante. J'aime notamment le mouvement dans l'affiche horizontale.

vendredi 16 septembre 2005

Cinéma de juillet à septembre

Si vous ne voulez pas tout vous taper, vous pouvez passer la souris sur les images pour connaître la note donnée à chaque film (ça apparaît en dessous de la souris) et lire seulement ce qui m'a plus (ou pas).

Après la pause du mariage, on a bien repris le rythme du cinéma ces deux derniers mois, en popularisant un nouveau concept : le QC2, qui permet de voir deux films dans la même soirée et dîner dans un restaurant belge avant ou entre les films. Comme pour la précédente chronique je vais aller du plus ancien au plus récent.


On s'était donc arrêté après notre premier QC2 : "Summer of Love" + "La guerre des mondes", le 6 juillet. Dans la foulée on a vu deux films qui n'avaient rien à voir : "Madagascar" (2005) et "Il était un père" (1942).
Pour le premier, on commence un peu à fatiguer des dessins animés qui jouent toujours sur les mêmes cordes humoristiques. Déjà "Les indestructibles" avait révélé une baisse motivation, qui se confirme donc avec "Madagascar", pourtant de pas si mauvaise facture mais vraiment pas excellent. On attend impatiemment le studio qui va réussir à renouveler encore le genre, comme Pixar l'avait fait avec "Toy Story".
De son côté, "Il était un père" est un film de Yasujiro Ozu qui ressort dans une très mauvaise copie, dont le son est réellement pourri : une sorte de gros bourdonnement. Le film avance doucement et la fatigue ne m'a pas permis de considérer le film dans sa totalité (comme c'est bien dit...). Pour autant, c'est clairement un film (et un cinéaste) qui recherche une certaine esthétique et une façon particulière de créer des émotions. C'est donc intéressant comme démarche mais le film lui-même n'est pas spécialement emballant.


Ensuite, deux films grand public de 2005 : "Les poupées russes" et "Charlie et la chocolaterie".
Pour "les poupées russes", le film avait été présenté comme LE film représentatif des trentenaires. Comme j'ai 26 ans, je ne peux pas dire mais c'est vrai que le film se distingue de deux façons de "L'auberge espagnole" : d'une part, il est beaucoup moins "choral", ce qui est regrettable car là, les personnages se succèdent autour de Romain Duris, mais sans s'attarder vraiment. D'autre part, il est sans doute plus mûr et plus calme que les précédents. Au final, le film est de bonne qualité et souvent plaisant mais comporte encore des séquences inutiles (je pense surtout au retour à Moscou).
Pour l'autre film, "Charlie et la chocolaterie", c'est un Burton réussi, qui en comporte tous les éléments : des créatures ambiguës, un "donjon" tout en hauteur qui domine la vie ordinaire (élément soufflé par "Positif"), un "héros" sauvé par sa simplicité et son émerveillement. J'ai surtout adoré le début jusqu'à la découverte du Ticket d'Or : même si on sait qu'il va le trouver, Burton arrive à rendre le moment de la découverte extrêmement émouvant. Pour la partie dans la chocolaterie, j'ai été surpris (en bien) du côté subversif du récit et l'ensemble fait donc passer un moment très agréable, qui n'égale cependant pas les meilleurs (et les plus sombres) Burton.


Au rayon des découvertes télévisuelles et dvdesques de l'été, on a deux films de Mankiewicz, "L'affaire Cicéron" ("5 fingers", 1952) et "Chaînes conjugales" ("A letter to three wives", 1949), un Guédiguian, "Marie-Jo et ses deux amours" (2002) et un Bergman, "Cris et chuchotements" ("Viskningar och rop", 1972).
On commence par LE chef-d'oeuvre, "Cris et chuchotements", seulement le deuxième film de Bergman que je vois et la preuve que le cinéma est un art qui n'est pas accessible à tous les réalisateurs. Pour tout dire, j'ai eu l'impression que personne d'autre n'aurait été capable de faire ce film ou même de s'en approcher. Il est très rare de voir exposés des sentiments aussi forts et aussi réalistes : on est complètement pris pas la mise en scène et le jeu hallucinant des actrices et on en ressort un peu lessivé. Un des plus grands films que j'aie vu.
Dans la catégorie en-dessous, il y a "Chaînes conjugales", qui, comme d'autres bons films ("Rashômon"), s'appuie sur trois histoires pour soutenir l'attention du spectateur, avec succès. En fait, l'idée, c'est que trois femmes reçoivent une lettre d'une quatrième qui leur dit qu'elle va partir avec le mari d'une des trois. Chaque femme passe donc la journée à se rappeler les moments qui pourraient justifier que leur mari la quitte. Le film est donc bien construit et très fin, car il aiguise l'impatience du spectateur sans jamais dévoiler trop d'indice.
Un ton en-dessous (même assez en-dessous), il y a "L'affaire Cicéron" qui raconte l'histoire d'un agent double anglais qui faisait passer des informations aux allemands à Ankara pendant la guerre. Le film est assez décevant car l'acteur (James Mason) n'est pas convaincant et pas sympathique (c'est sans doute voulu), ce qui fait qu'on ne s'intéresse pas à l'intrigue.
Enfin, dans un tout autre genre, "Marie-Jo et ses deux amours" réunit à nouveau la "bande" à Guédiguian (Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin - qui est mon cousin -, Gérard Meylan, etc.) et c'est toujours un grand plaisir de les voir tous, dans une histoire simple et belle d'amour multiple. Ce qui est bien avec Guédiguian, c'est qu'il traite l'amour sans fausse pudeur, sans l'enchanter mais sans le banaliser non plus. Les personnages sont à la fois normaux et exceptionnels et leur beauté est accessible. Un film comme ça fait du bien.


On revient dans les salles avec "La moustache" (2005) d'Emmanuel Carrère, qui adapte là son propre livre. Au départ, je n'avais pas trop envie d'y aller mais on y est allé, avec mon grand-père, et j'en suis ressorti très content. Le sujet touche la folie, réelle ou imaginaire, que chacun de nous s'attend à trouver en soi. Du coup, le film prend plusieurs aspects et c'est ce qui le rend intéressant : il commence absurde et drôle puis gagne peu à peu en gravité tout en développant le côté énigmatique ("mais que se passe-t-il vraiment ?"). La fin ne permet pas de résoudre tous les mystères du film et c'est sans doute un peu dommage car ça donne au film un faux air de "j'impressionne le spectateur en lui montrant qu'il ne comprend rien". Les acteurs (Vincent Lindon et Emmanuelle Devos) sont excellents et la mise en scène correcte, même si elle s'égare un peu parfois.


Un chapitre japonais avec deux films aux carrières bien différentes et imméritées. D'un côté, "The taste of tea" ("Cha no aji", 2004) et de l'autre "Le tombeau des lucioles" ("Hotaru no haka", 1988). Ce dernier est un dessin animé japonais culte (173ème dans le Top 250 IMDb) qui repose son succès sur une atmosphère assez mélancolique et une histoire très très très triste. C'est là que ça a bloqué un peu pour moi parce que je n'ai pas été très touché par l'histoire de ce garçon et de sa petite soeur dans l'après-guerre. J'ai trouvé ça un peu excessif et surtout pas très bien servi par les dessins qui sont très moyens et qui n'aident pas à l'expressivité des personnages. Ça m'a fait penser à "La vie est belle" de Franck Capra, où là aussi, une pluie de malheurs s'abat sur James Stewart mais en m'émouvant cette fois là.
A l'inverse, "The Taste of Tea", films japonais récent, est passé inaperçu malgré une critique excellente. Pourtant, ce film mérite beaucoup d'honneurs pour réussir (lui) à apporter de la poésie dans le quotidien des gens qu'il décrit. Ça se passe à la campagne et tous les personnages de ce très beau film sont profondément attachants (le garçon, l'oncle, le grand-père, etc.). A voir.


3 productions américaines calibrées pour l'été et de tout niveau qualité.
En allant crescendo et en commençant très bas, on parle d'abord de "Mr. & Mrs. Smith" (2005), gros calibre réunissant Angelina Jolie (mais moche) et Brad Pitt (beau quand même) : c'est une daube, on s'emmerde et on rigole même pas. A éviter pour le coup.
Bien au-dessus mais pas très haut, on a "Les 4 Fantastiques" ("Fantastic Four", 2005), énième adaptation de comic qui me parlait pour le coup un peu puisque je me souviens avoir pas mal aimé ces héros dans les "Marvel" que je lisais jeune. C'est pas mal mais comme ils passent les 3/4 du film à se demander si c'est bien ou pas d'avoir des super-pouvoirs (et d'être moche), on reste un peu sur sa faim. C'est le même phénomène que "Les Indestructibles" l'année dernière : il faut attendre la toute fin pour voir enfin les différents membres combiner leurs pouvoirs pour venir à bout du méchant. "Spider-man" n'est donc toujours pas délogé.
Enfin, le meilleur pour la fin, c'est "Serial Noceurs" ("Wedding Crashers", 2005), comédie sans prétention qui réunit Owen Wilson (hourra) et Vince Vaughn. Et bien ça faisait pas mal de temps que je m'étais pas bidonné comme ça et encore pendant presque tout le film. C'est pas lourd, c'est un peu subversif et ça me fait tomber définitivement dans le club des adorateurs de la bande Owen Wilson - Ben Stiller - Vince Vaughn - Wes Anderson - etc. La meilleure comédie de l'année.


Pour conclure, trois films plus originaux.
Commençons par "Crossing the bridge - The Sound of Istanbul" (2004) de Fatih Akin, l'excellent réalisateur de "Head-on". En fait, ce réalisateur est revenu à Istanbul après le tournage de ce dernier film et avec Alexander Hacke, le bassiste des "Einstürzende Neubauten", qui avait aussi travaillé sur "Head-on". Le film est une exploration musicale d'Istanbul, à travers la ville et les styles : rock, rap, musique traditionnelle, musique tzigane, etc. C'est au final surtout une présentation originale et sans doute fidèle de ce port qui a reçu les influences du monde entier. Outre la fascination qu'on éprouve pour la ville et ses habitants, on apprend à connaître une richesse incomparable. Evidemment, on ne peut s'empêcher de penser aux débats actuels sur la Turquie (Fatih Akin est allemand) mais surtout, on prend beaucoup de plaisir en regardant ce film.
Plus récemment, "Broken flowers" (2005) de Jim Jarmusch, qui a laissé une impression mitigée : pendant le film, le plaisir est là aussi énorme ; c'est fin, c'est drôle, c'est très très bien joué et réalisé. On a vraiment l'impression de voir un objet ciselé. C'est la fin qui ternit un peu le tableau, à mon sens et je sais que pas mal de gens ne seront pas d'accord avec moi. En fait, le film donne tant de sensations complexes et réalistes, que j'aurais aimé qu'il n'y ait pas de fin, plutôt que cette tentative de dire quelque chose sur le fils absolument. Je pense en fait que la dimension du fils est négligée pendant le film et que la fin tente de la remettre en avant alors que ce n'est pas l'important, pour moi.
Enfin, hier soir, "Kiss kiss, bang bang" (2005) avec le grand retour de Robert Downey Jr. dans un rôle important. C'est un film bizarre, parfois "saoûlant" (comme le dit Libé) mais souvent plaisant, soutenu notamment par RD Jr. et Val Kilmer qui ets impeccable (dans tous le sens du terme). L'histoire est compliquée pour le plaisir d'être compliqué et son déroulement est carrément haché mais on rigole et on s'inquiète un peu pour les personnages (mais pas trop). Un bon pis-aller dans ces semaines un peu vides.

jeudi 7 juillet 2005

Cinéma de mars à juillet

Pour récapituler dans l'ordre des films vus depuis "Charade".


Le meilleur film de l'année pour le moment est "La vie aquatique" (2004), le film de Wes Anderson, qui n'a évidemment pas plu à tout le monde mais qui rejoint "Eternal Sunshine of the spotless mind" dans la série des films oniriques et poétiques en provenance des Etats-Unis. C'est loufoque mais c'est très émouvant et des mois plus tard, en y repensant, je baigne encore dans l'atmosphère si particulière du film.


Mars et avril ont été des mois chargés en qualité, avec en plus, "De battre mon coeur s'est arrêté" (2005) et "Million dollar baby" (2004), deux très bons films, qui ont été malheureusement un peu éclipsé dans ma tête par "La vie aquatique". Dans le premier, Romain Duris étend son répertoire et le film convainc dans le genre du film noir. Pour le second, j'ai eu un peu peur au début avec cette voix off omniprésente et un peu fatigante. Heureusement la deuxième partie donne indubitablement de la profondeur au film et en relève par conséquent la qualité.


En avril toujours mais c'est plus anecdotique, il y a eu aussi "Mon petit doigt m'a dit..." (2005) que j'ai assez détesté : c'est vraiment trop un film pour quadras et quinquas lecteurs de Télérama. Sinon, "Brice de Nice" (2005), lourd mais finalement un peu drôle quand même. Et enfin, "Crustacés et coquillages", nouveau film des réalisateurs de "Jeanne et le garçon formidable" : c'est moins bien mais c'est pas vraiment nul.


Mai a été calme niveau ciné, mariage oblige, mais on a quand même pu voir "Star Wars episode III, la revanche des Sith" (2005), qui est de loin le meilleur des trois Star Wars de la nouvelle série, notamment dans sa partie finale de "consécration" de Dark Vador. C'est d'ailleurs amusant de voir le IV (ou le premier selon comment on parle) après le III, puisqu'au début de celui-là apparaît un Dark Vador beaucoup moins impressionnant, en collant et avec son ventilateur à la place de la bouche. Définitivement, l'ordre dans lequel il faut les voir est IV, V, VI, III. On peut zapper le I et le II qui sont vraiment indigents. De meilleure qualité, il y a eu aussi "Locataires" (2004) de Kim Ki-Duk, très beau film coréen, là encore dans le domaine de l'onirisme et de la recherche de l'autre.


La fin du mois de mai et le début de juin ont été marqués par une forte activité devant la télé, à la maison et dans l'avion vers le Sri Lanka. A la maison, on a donc vu "Ghost World" (2000), "Prête à tout" (1995) de Gus van Sant, "Batman" (1989) et "Batman returns" (1992) de Tim Burton. On retiendra surtout "Ghost world", dans la même lignée que "Clerks" ou "American Splendor" pour la description de l'Amérique médiocre et profonde et pour l'humour, et "Batman returns", où Tim Burton adapte le comic à son univers personnel en mettant en valeur des "méchants" beaux et tourmentés. Je m'attendais à mieux pour "Prête à tout", qui avait été présenté comme un des meilleurs films de van Sant avant sa tarnsformation en cinéaste-auteur et qui, il est vrai, a été handicapé par la VF. Pareil pour "Batman", où justement Burton n'a pas pu laisser son univers envahir le film, pour un résultat finalement assez convenu, donc.


Dans l'avion, ç'a été la collec de grosses productions américaines : "Benjamin Gates et le trésor des Templiers" (2004), finalement pas si nul et surtout qui n'a rien à voir avec les templiers ; "En bonne compagnie" (2004), vu par morceaux et gentillet ; "Hitch" (2005), idéal pour l'avion, surtout si on aime bien Will Smith mais pas de quoi se taper le cul par terre non plus ; et enfin, le meilleur, "Freaky Friday" (2003), vraiment drôle et divertissant.


Enfin, au retour du Sri Lanka, il a été possible de retourner au cinéma mais un bon film a d'emblée cassé notre élan : "Sin City" (2005). Comme adaptation de BD, c'est très bien et le choix narratif correspond à ce qu'on peut attendre d'une BD : trois petites histoire vaguement connectées et dont l'objectif principal est defaire sentir l'ambiance de la ville. C'est vrai que ça peut paraître un peu cheap pour un film mais ça ne m'a pas dérangé et en plus, la réalisation est très soignée et stylisée, et ce avec goût. Le seul problème, c'est que ça a été un peu dur de retourner au cinéma après.


Il y a donc d'abord eu un DVD, "Miller's Crossing" (1990), peut-être le meilleur film des frères Coen : loin des extravagances de certaines de leurs oeuvres, le film est vraiment simple et classe et Gabriel Byrne est excellentissime.


Enfin, hier soir, deux films très différents : l'excellent "My Summer of Love" (2004), qui raconte l'histoire de deux filles anglaises qui tombent amoureuses l'une de l'autre pendant les vacances. Là encore, on approche le rêve et on apprécie la finesse du propos du cinéaste Pawel Pawlikowski, qui efface doucement les différences entre les filles pour finalement montrer qu'elles ne peuvent pas disparaître par simple enchantement. L'autre, c'est "La Guerre des Mondes" (2005), où Spielberg poursuit la vision négative de l'Amérique qu'il a commencé à montrer dans "Minority Report" et "Arrête moi si tu peux". Le film est simple et efficace : son seul but est de faire peur en montrant un combat sans issue pour l'humanité et un film sans héros courageux pour sauver le monde.

mardi 15 mars 2005

Charade (1963)

16/20.

Encore un bon vieux film comme on les aime : il y a de la dragouille réjouissante entre un Cary Grant sur le tard (et qui en joue) et une Audrey Hepburn plus fraîche et pimpante que jamais. Le tout est soutenu par une intrigue de bon niveau (Marc Behm !) et apporte un sentiment de joie et de satisfaction qui est vraiment spécifique à ces vieux films.

mardi 8 mars 2005

La Maladie de Sachs (1999)

14/20

Vu à la télé, en faisant un peu autre chose : sujet très intéressant, point de vue utile et légitime (un médecin est là pour soigner !, ce qui n'est pas si évident) et très bon acteur. Du coup, j'écoute Martin Winckler sur arteradio.

jeudi 24 février 2005

La Marche de l'empereur (2005)

11/20.

Très beau (merci l'Antarctique), un peu abusif sur le côté romancé aux dépends de l'aspect scientifique, mais c'est pas très grave, ça plaît aux enfants.

lundi 21 février 2005

Mon beau-père, mes parents et moi (Meet the Fockers, 2004)

13/20.

On ne s'emmerde pas, les acteurs sont excellents et le tout est plutôt drôle.