mardi 27 juin 2006
M. Sarkozy et la justice
A lire : un article intéressant de Libération sur le contentieux en cours entre le ministre de l'Intérieur et le président du Tribunal de Bobigny. C'est un bon exemple de la façon dont M. Sarkozy est prêt à endosser une attitude que beaucoup de personnes approuveraient mais que les institutions s'efforcent depuis 200 ans d'encadrer. Je m'explique : je pense que la plupart des personnes qui se sentent concernés par l'insécurité et souhaitent une action déterminée dans ce domaine seraient d'accord pour permettre à un homme en qui ils ont confiance d'arrêter les délinquants, mener l'enquête sur leurs délits, les condamner et administrer leur peine. C'est exactement ce que se propose de faire M. Sarkozy, qui en tant que ministre de l'Intérieur, arrête les délinquants et conduit l'enquête mais se charge aussi de les expulser. Cet article montre que M. Sarkozy souhaite maintenant donner son avis sur les jugements prononcés et sur l'exécution des condamnations.
Le problème, c'est que depuis Montesquieu, une démocratie se caractérise par la séparation des pouvoirs : il est essentiel que les personnes qui enquêtent soit indépendantes des personnes qui jugent. C'est pourquoi les tribunaux et les prisons sont sous la responsabilité du ministère de la Justice et non de l'Intérieur. Cet équilibre institutionnel est issu d'une démarche raisonnée et n'est pas une option "naturelle". La culture politique des démocraties permet cependant de le comprendre et de l'accepter.
Néanmoins et bien qu'il soit parfaitement au courant de cela, M. Sarkozy est prêt à contester publiquement cet équilibre pour coller aux sentiments d'une partie de la population. Cela, accompagné de ses propositions de réforme institutionnelle visant à accroître les pouvoirs du président, laisse penser que le régime idéal de M. Sarkozy s'appuie sur un homme seul, capable de décider l'orientation des lois et de les promulguer (pouvoir exécutif), de faire adopter ses propositions sans débat ou presque (pouvoir législatif) et de peser sur leur application (pouvoir judiciaire). Je crois que c'est particulièrement inquiétant, à une époque où la concertation et la collégialité me semble la meilleure voie pour résoudre des problèmes de plus en plus complexe.
Pour info, on peut aussi lire sur le même sujet, l'article de l'Agence de Presse de l'UMP.
Bertrand, le
mardi 27 juin 2006 à 10:33 :: Politique
un commentaire
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Ce soir, j'ai passé le barre symbolique des 100 victoires à Tetris DS sur Internet. C'est ma foi un petit jeu bien détendant avant de se coucher et c'est amusant d'imaginer la vie des adversaires dont on ne voit que le nom et le "style" de jeu. Il y a les "winners" qui font une partie avec toi et qui :




