Rapidement, avant le top de l'année, un petit passage en revue des films vus depuis septembre.
Le bon cinéma étranger de la toute fin d'année



Si l'année 2005 a été un peu décevante, sa fin a quand même vu la sortie de plusieurs bons films étrangers. Toput d'abord, "Match Point", le nouveau Woody Allen, qui marque une amélioration énorme par rapport à ses derniers opus (dont je ne me souviens même plus). Finie l'auto-lamentation judéo-psychanalyste, Woody parie sur de jeunes acteurs pour trouver quelque chose de nouveau à dire : le film raconte une histoire d'amour confrontée à des conventions et à l'ambition du héros. Même si celui-ci n'a pas le beau rôle dans le film, on a du mal à ne pas y voir une victime et finalement, le personnage le plus malheureux. Tout ça est dit avec finesse et est soutenu par une réalisation excellente. Je l'ai vu après Keane, et j'ai apprécié la capacité de Woody Allen de faire exprimer des sentiments à ses acteurs avec un caméra fixe et sur la base de leur seul jeu.
Autre grand réalisateur, réussite diverse : David Cronenberg. J'ai un excellent souvenir de "Spider" dont l'ambiance m'avait vraiment marqué. Dans "A history of violence", Cronenberg adapte une BD sur un type, dans une bourgade calme, qui, après un fait d'armes face à des truands, voit arriver des tueurs qui le prennent pour l'ancien collègue qui les a balancé aux flics des années avant. La violence fait donc irruption dans la vie de sa famille. Le film n'est pas vide : on comprend bien la symbolique représentée par Viggo Mortensen, c'est-à-dire le double visage des Etats-Unis. La réalisation est elle-même souvent réussie et tout le début du film m'a tétanisé d'angoisse. Le problème se situerait plutôt à la fin, où il y a une sorte de séquence de jeu vidéo à Philadelphie et également dans le mystère qui entoure jusqu'au bout autour de Mortensen. Le film aurait sans doute gagné à présenter ce qu'il était avant (à part Aragorn), sous une autre forme que les réminiscences qu'il montre quand il prend une arme.
"Trois Enterrements" présente lui aussi un défaut un peu gênant mais qui ne suffit pas à gâcher ce film lumineux et profond. Le regret c'est donc le côté "christique" de la rédemption, parfois un peu lourd et un peu gros. A part ça, c'est un film génial sur l'amitié, avec pour fond des paysages fascinants (déjà vus et déjà fascinants dans "Gerry") et des acteurs géniaux eux aussi. Je me suis complètement pris dans cette mission que se fixe Pete Perkins (Tommy Lee Jones) et qu'il suit sans se poser de questions. On retrouve là dedans un peu du Peckinpah de "Major Dundee", en version individuelle et sans doute meilleure. Le grand film de la fin 2005.
Enfin, "Three Times", le dernier de Hou Hsiao Hsien et le premier que je vois, enfin. Un film découpé en trois parties : 1966, 1911 et 2005. Trois parties qui se répondent et qui donnent tout l'intérêt au film. J'ai eu un peu de mal avec la deuxième, muette et plus lente mais c'est vrai qu'à la fin, le film gagne vraiment en profondeur lorsqu'on comprend que les personnages de 2005 portent l'histoire des personnages de 1911 et 1966. Dans le genre, ça fait un peu penser à la trilogie de Lucas Belvaux. Tout ça porté par une photo superbe et variée.
Le cinéma français(ophone)



Passons maintenant aux films français (francophones) pas drôles vus depuis septembre : "Caché" de Michael Haneke, "L'enfant" des frères Dardenne, "Le petit lieutenant" de Xavier Beauvois et "Gabrielle" de Patric Chéreau. Quatre films qui m'ont réconcilié avec le cinéma français alors que le reste de l'année avait été particulièrement creux et même si deux des quatre (les deux meilleurs ?) sont tournés par des réalisateurs étrangers.
"Caché" (2005) est le nouveau film de Haneke, le réalisateur de "La Pianiste" et de "Funny Games". J'avais bien aimé celui-là et détesté celui-ci tout en reconnaissant une capacité de mise en scène exceptionnelle. Son nouveau film marque, pour moi, un progrès par rapport à ces deux autres films car il conserve une mise en scène excellente, accompagnée d'un rythme crescendo très prenant, sans tomber dans la terreur pour le spectateur (ce qui était le cas de Funny Games). Le film parvient à générer des émotions fortes mais pas gratuites et c'est là sa réussite. L'image est là encore "sale" : c'est du numérique et ça donne la même impression qu'avec les mauvaises photos numériques (beaucoup d'aplats, une lumière trop crue). Mais cette image ne coupe pas pour autant le film de la réalité, comme ça pourrait être le cas sur "Lonesome Jim". Enfin, les acteurs sont très bons, même si j'ai une certaine réserve sur Auteuil.
"L'enfant" (2005) est, lui, le nouveau film des Frères Dardenne, "cinéastes de la misère belge". Là encore, un progrès par rapport à "Le Fils" et surtout à "Rosetta" (film sacré s'il en est...) : L'aspect positif prend définitivement le pas sur les côtés négatifs de la vis des protagonistes. On l'avait déjà perçu dans "Le Fils", on le confirme dans "L'enfant", autour de la même problématique du pardon et de la rédemption. Ce qui a été amusant, c'est que je m'atias tellement dit que ce serait déprimant que ma première réaction a été de dire : "c'est déprimant". Après discussion avec ma brillante épouse (cf. plus haut), je me suis aperçu de l'optimsme du film et ça m'a vraiment plu. Réalisation et acteurs vraiment très excellents.
De Xavier Beauvois, je n'ai vu que "Selon Matthieu" qui était déjà pas mal. Il confirme avec "Le Petit Lieutenant" (2005), plongée dans le quotidien de la Police Judiciaire. Là ce sont les acteurs qui sont fabuleux et le réalisme recherché (et trouvé !) par Beauvois dans la description du quotidien des flics. Là-dessus se greffe l'histoire de Nathalie Baye qui apporte la profondeur dont le film a besoin.
Enfin, "Gabrielle" (2005) de Chéreau, le nouvel opus intimiste de ce réalisateur après le génial "Intimité" et "Son Frère". C'est sans doute le moins bon des trois malgré les performances incroyables d'Isabelle Huppert et Pascal Greggory. Ce qui fait la force de Chéreau, ce sont ses sujets, élaborés avec Anne-LouiseTrividic. A nouveau, ce film pose des questions sur le couple, l'affection et l'amour qui ne peuvent pas laisser insensible. Dans la pratique, la voix off est à la fois superbe et trop présente, finalement. Mais le film méritait une bien meilleure carrière que celle qu'il a eu.
C'est rigolo comme quand je parle des films français, j'en viens naturellement à les inscrire dans un filmographie et à en "intellectualiser" la lecture.
Le cinéma indépendant américain






On continue avec les films de la catégorie "cinéma indépendant américain" et assimilés. Dans ce domaine, il y a eu plusieurs découvertes ces deux derniers mois, qui me font penser que le cinéma américain est peut- être le plus fertile et original actuellement. Là où il se distingue notamment du cinéma français, c'est par ses aspects positifs et optimistes, qu'on a bien du mal à trouver en France (voir le dossier de Libé sur l'année 2005 paru hier. Les exemples sur cette période sont au nombre de 6, pour faire large : "Rushmore" de Wes Anderson (1998), "Moi, toi et tous les autres" de Miranda July (2005), "Keane" de Lodge Kerrigan (2004), "Lonesome Jim" (2005) et, dans une moindre mesure, "Dodgeball" (2004) et "Collision" (2004).
Commençons par "Rushmore", le deuxième film de Wes Anderson (après "Bottle Rocket" et avant "La Famille Tenenbaum" et surtout l'excellent "La vie aquatique") est étrange par son sujet, ses personnages et même son rythme. Il raconte l'histoire d'un adolescent qui cherche à rester dans son collège (Rushmore) en faisant exprès de redoubler, et tout en acquérissant un statut dans le collège : il crée notamment des dizaines de clubs sur différents sujets pour se rendre notamment intéressant vis-à-vis de l'institutrice dont il est amoureux. Je n'arrive même plus à me souvenir de la fin. Ce qu'on en retient, c'est une impression bizarre avec, comme dans "La vie aquatique", un grand sentiment de mélancolie. On retient aussi les acteurs Jason Schwartzmann et Bill Murray.
Le deuxième film, plus récent, est "Moi, toi et tous les autres" de la vidéaste Miranda July. Comme chez Wes Anderson, il y a chez July un regard mélancolique sur le monde, qui traduit une façon particulière de considérer la vie et le quotidien. Le film est assez poétique et plaisant, avec une "galerie de personnages" (comme on
dit) souvent sympathiques.
Le plus intéressant et que j'ai paradoxalement le moins aimé sur le coup, c'est Keane de Lodge Kerrigan. C'est le plus intéressant car il est beaucoup plus radical dans sa réalisation et son scénario. C'est l'histoire d'un type qui se cherche sa fille dans New York, fille qui a disparu quelques mois plus tôt alors qu'ils allaient prendre le bus. Visuellement, ça donne un film entièrement tourné caméra à l'épaule, avec des couleurs très crues, du grain dans l'image : tout ça est assez joli à part que la caméra à l'épaule m'a énervé car j'ai trouvé que Kerrigan utilisait trop ce procédé pour exprimer l'état d'esprit du personnage, au détriment du jeu d'acteur lui-même.
Plus tard, on a vu "Lonesom Jim", le nouveau film de Steve Buscemi, avec Casey Affleck (l'idole !). Là encore, peu de moyens et une image délibérément sale pour une histoire un peu plate mais qui produit quand même plusieurs moments touchants. Les acteurs sont très bien.
Dans un autre genre beaucoup plus commercial, "Dodgeball", loué en DVD et qui a bénéficié de ma nouvelle admiration pour la bande Wilson-Stiller-Vaughn-etc. Comme dans "Serial Noceurs", des fou-rires comme je n'en ai pas souvent (au point de devoir faire pause pour pouvoir regarder la suite) et surtout un film efficace, où on ne s'ennuie pas une seconde et qui ne s'attarde pas sur des scènes inutiles : le but unique est de créer des situations comiques et l'effet est d'autant plus réussi que ça s'enchaîne vite. Cerise sur le gâteau, je trouve que ces films comportent toujours une petite dose de subversivité bienvenue.
"Collision" ne se rattache pas complètement, à me yeux à ce nouveau cinéma américain. C'est effectivement un film indépendant mais tourné pour être un succès (ce qu'il a été) et selon des codes finalement assez classique dans le genre du film choral. Je n'ai pas eu l'impression que l'obejctif était d'explorer des formes d'expression mais plutôt de faire un film beau visuellement et efficace dans sa construction, avec ce qu'il faut de complexité pour que le spectateur ait l'impression d'être intelligent sans que le film soit complètement déjanté.
Les vieux films vus au cinéma




Cinq exemplaires de ce genre, de toutes origines : Japon, USA, France et de toutes époques : annnées 30, 50, 60 et 70. La meilleure surprises est clairement "Sept ans de réflexion" de Billy Wilder, où j'ai découvert le pouvoir séducteur de Marilyn Monroe, que j'avais un peu tendance jusqu'ici à considérer comme une fille mignonne comme une autre : ce n'est pas le cas. C'est donc une excellente comédie, rigolote et gentiment voyeuse, avec face à Marilyn, une sorte de "Jean-Pierre", très convaincant.
Ensuite, j'ai bien aimé "La femme dont on parle" de Kenji Mizoguchi. C'est un de ses films japonais qui est aussi une description de la société japonaise et de ses changements dus à l'occidentalisation. Vu par hasard et ça mérite vraiment d'être retenu comme film.
"Le Crime de Monsieur Lange" a aussi ce côté charmant de se passer à une époque révolue : le Paris des années 30. Le film est ancien mais très moderne dans son organisation et dans la réalisation. On n'a vraiment pas l'impression de s'infliger la consultation d'un vieil ouvrage dans le seul but d'accroître sa culture. Ce n'est pourtant pas le meilleur Renoir.
Vu très récemment, "Major Dundee" est un film de Peckinpah sur une espèce de loser (le major en question, joué par Charlton Heston), qui va poursuivre une bande d'Indiens avec un troupe de bras cassés. C'est donc l'histoire d'une quête sans fin, marqué par les rencontres avec des villageois(es) mexicains ou les troupes françaises. Et ça se termine pas vraiment puisque l'affrontement qu'on attend depuis le début entre le major et le lieutenant sudiste n'a finalement pas lieu. Sur le principe, c'est donc un film plutôt bon.
Enfin, un autre Woody Allen, "Bananas", beaucoup moins bon que "Match Point". C'était la période où Allen faisait des faux films de genre : l'excellent "Woody et les Robots" notamment. Dans "Bananas", c'est parfois très drôle, surtout au début et parfois un peu chiant, surtout à la fin. Du coup, l'impression finale est assez moyenne.
Les grosses productions de la fin de l'année




Ce qu'il faut se dire en général, mais surtout pour les grosses productions, c'est : "Quel est l'objectif du film ?". En général, la réponse est "se distraire", même si on peut en attendre un peu plus de réalisateurs comme Terry Gilliam et Roman Polanski.
Terry Gilliam, justement, sort son premier film après le désastre de "Don Quichotte", le premier qui sort donc depuis "Las Vegas Parano". On voit tout de suite que ces "Frères Grimm" ont d'abord pour fonction de ramener la bidoche à la maison mais aussi sans doute d'affronter un traumatisme. Gilliam ne s'est donc pas lancé dans un film à petit budget mais a souhaité faire un film "cher", avec beaucoup d'effets spéciaux, pour lesquels c'est bien agréable de voir des vrais effets mécaniques plutôt que des images de synthèse. Le point de vue de l'histoire est sympa : les Frères Grimm sont des bonimenteurs qui utilisent les légendes locales pour se faire payer comme exorcistes, jusqu'au moment où ils tombent sur des vrais phénomènes fantastiques... Le film est bien sympa et se laisse regarder, avec quelques allusions très légères aux grands films de Gilliam. Comme j'aime de plus en plus Matt Damon ("Gerry", "La mémoire dans la peau", etc.), ça donne un bon moment. L'objectif est atteint.
Le deuxième du genre est "Wallace & Gromit, la légende du Lapin-Garou", le nouveau film d'animation en pâte à modeler du Studio Aardman. Là encore, le côté artisanal fait vraiment plaisir à voir, en comparaison des "Indestructibles" par exemple. Comme dans les "Frères Grimm", les effets sont plus impressionnants du fait de cette "naturalité"... Sinon, le film déroule son histoire sans que ce soit génial non plus. Voilà un film qui fait surtout sourire sans fasciner non plus. Objectif atteint pour les moins de 15 ans, un peu moins pour les autres.
Vient ensuite "Oliver Twist", qui est vraiment le film gentil, avec un acteur principal vraiment trop gentil. Pendant toute la projection, je n'ai pas pu m'empêcher de penser aux pelletées de classes anglaises qui ont été emmenées le voir et au fait que ce traitement de cette histoire devait satisfaire complètement professeurs et parents. Du coup c'est un peu triste. Objectif plutôt raté.
Je ne m'attarde pas sur la livraison annuelle d'"Harry Potter", qui conserve judicieusement l'ambiance sombre du précédent mais qui ne restera pas dans l'histoire du cinéma. J'ai de plus l'impression qu'en les voyant grandir, je supporte moins bien le mauvais jeu des acteurs.
Enfin, "Palais Royal !", la comédie à succès de Noël, porté elle par des acteurs excellents et très appréciables et seul film de cette sélection à sortir un peu des ornières du film de producteur. Valérie Lemercier livre une comédie amère sur la célébrité qui n'est donc finalement pas qu'une comédie.
Les films à la télé




Ce qui est un peu chiant avec les films à la télé, c'est qu'on les voit de chez soi et qu'on est constamment distrait par la cuisine, l'envie d'envoyer un mail ou toute autre chose du quotidien ordinaire. Du coup, soit on loupe une partie du film, soit on regarde le film par morceaux. J'ai quand même mis les films que j'ai vu à la télé sur cette période (à l'exception de "L'échange") mais je reconnais que je ne m'en souviens pas toujours bien. C'est le cas notamment de "Moonstruck" (1987), un film avec Cher dans une famille italo-américaine sur une fille qui veut se marier avec un type qu'elle n'aime pas mais finalement tombe amoureuse de son frère. Heureusement qu'IMDb est là pour me rappeler l'histoire. Bof bof.
Ensuite, deux films italiens. Le meilleur est clairement "Nous nous sommes tant aimés" (1974) d'Ettore Scola qui raconte l'histoire de trois amis résistants pendant la guerre, dont les chemins s'écartent avec le temps. C'est un meilleur film que "Nos meilleures années", dans le genre "saga sur trente ans", avec d'excellents acteurs. C'est surtout un film sur (la fin de) l'amitié, les compromis obligés et enfin sur les Trente Glorieuses en Italie et la fin de cette époque que l'on sent déjà arriver.
"Les cent pas" (2000) est justement un film de Marco Tullio Giordana, le réalisateur de "Nos meilleures années", avec l'acteur qui jour Nicola dans ce dernier. Il raconte l'histoire vraie donc émouvante de Peppino Impastato qui a tenté dans les années 70 d'ouvrir les yeux de sa ville de Sicile sur le règne de la Mafia et qui a été tué en 1978, sans que cela entraîne un procès (réalisé quand même vingt ans après). Le film est parcouru d'une joie de vivre sympathique et contrebalancée par la peur sourde inspiré par la mafia : on sait qui c'est mais elle n'a pas de signes extérieurs de mafaisance (la mafia, quoi !). Au final, le film est sympa mais pas non plus révolutionnaire.
"Les sentiments" (2003) de Noémie Lvovsky rassemble quatre grands acteurs (Bacri, Baye, Poupaud et Carré) dans une grande maison en deux parties du Loiret avec pour thème la transmission, l'amour et la quarantaine. Le film s'ouvre avec un sentiment de grande liberté : les hommes sont des médecins qui gagnent bien leur vie, leurs femmes, au foyer, ont de temps et tout ce petit monde profitent de la vie et de leur nouvelle amitié. Cette liberté a cependant ses limites : lorsqu'Isabelle Carré essaie d'être l'amie de Nathalie Baye et l'amante de Jean-Pierre Bacri, le vernis craque et les sentiments profonds entre les protagonistes s'effacent devant les principes. C'est donc un film triste.
Plus joyeux, "La mélodie du bonheur" (1965), grand classique du cinéma américain, avec Julie Andrews (Mary Poppins). L'histoire d'une famille autrichienne dont la mère est morte et où la nouvelle gouvernante va rapporter la vie, à travers la musique. Film culte pour certains, certaines scènes sont réellement hallucinantes : quand les sept enfants chantent et dansent dans les alpages autrichiens, avec leurs tenues traditionnelles toutes dans le même tissu. Plus un petit couplet sur le patriotisme autrichien au moment de l'Anschluss, ça fait un petit film bien sympa.
Divers

Sans catégorie, deux films vus il y a un moment maintenant. Tout d'abord, "A vot' bon coeur", film très artisanal de Paul Vecchiali, un réalisateur anar qui n'arrivent jamais à financer ses films. Du coup, il a eu l'idée de faire un film où il descend tous les membres de la Commission d'avances sur recettes qui, dans son cas, sert à débloquer tout le financement d'un film. L'idée est rigolote, la réalisation est vraiment familiale et le film est du coup assez sympathique même si ce n'est vraiment pas fabuleux. C'est toujours bien de voir de temps en temps des films orginaux où le réalisateur se fiche des modes et fait ce qu'il a envie de faire.
Dans un autre genre, "The President's last bang", film coréen sur le renversement de la dictature en Corée du Sud. C'est sympa mais ça joue un peu trop sur les situations cocasses et c'est finalement peut-être un peu léger. Dans le genre, j'avais préféré "Capitaines d'avril".
Les daubes


Finissons par les plus mauvais, c'est-à-dire "Le Parfum de la Dame en noir", nouvelle adaptation d'un roman de Gaston Leroux par Bruno Podalydès, passablement dénué d'intérêt et pour lequel, pour la première fois, j'ai regretté de ne pas m'être endormi devant le film... Pour resituer le film, l'action (si on peut dire) se passe après celle du "Mystère de la Chambre jaune" (qui était bien, lui) et revient à attendre tout le film qu'Arditi débarque parce qu'en fait il n'est pas vraiment mort. A part ça, on comprend qu'Azéma est la mère de Rouletabille et ça nous fait une belle jambe. J'attends les commentaires au cas où j'aurais omis quelque chose.
L'autre grosse daube de la période nous a été offerte par TF1, un dimanche soir de misère. C'est "Proof of life", "L'échange" en français et en VF, avec Russel Crowe (OH !) et Meg Ryan (AHH !). En gros, l'histoire d'un agent d'assurances qui va négocier les rançons de ses clients assurés contre les prises d'otage. Beaucoup de choses à reprocher, mais je ne retiendrai que la plus importante : le film véhicule une espèce d'idéologie nauséabonde à base de néo- conservatisme américain. Deux exemples :
1. Quand les quelques mercenaires vont dans le camp des méchants pour libérer le client, ils se mettent à hurler comme des singes en lançant des injures sur les gars qu'ils attaquent à base de racisme et d'homophobie, et sans qu'on s'y attende.
2. A la fin, la gentille Meg retourne bien gentiment chez son mari car quand même le mariage, c'est plus important que tout. Du coup, on se demande un peu à quoi a servi tout le film...