mercredi 23 novembre 2005
Pourquoi pas le Grand Paris ?
Le Grand Paris. Une idée qui court depuis la dernière extension de la capitale en 1859, lorsque Paris a absorbé les communes situées entre l'enceinte des fermiers généraux (en gros, les lignes 2 et 6 du métro) et les fortifications de Thiers. Dans le mouvement, des communes ont disparu (Vaugirard, Passy, Bercy, Belleville), d'autres se sont vu rabotées (Ivry, Montrouge). Et finalement, la nouvelle limite de Paris est devenue une véritable frontière entre la capitale et la banlieue. Dès 1844, Thiers avait bâti une enceinte fortifiée, inutile au regard des évolutions de la guerre moderne. Cette enceinte a commencé à être détruite dès 1919 et a finalement été remplacée par le périphérique, construit entre 1956 et 1973. Cette autoroute urbaine forme aujourd'hui un véritable fossé entre Paris et la banlieue, qui compte sans doute pour beaucoup dans l'absence de communications de biens, de personnes et de services entre ces deux entités.
Dans l'actualité, un article du Monde et l'ouverture du MACVAL me remettent ce sujet en tête. Le MAC/VAL est un nouveau musée d'art contemporain dans le Val-de-Marne. C'est une intiative courageuse dans une région où la très grande majorité de l'offre culturelle est concentrée au centre et où elle n'est finalement soutenue que là. Je ne saurai pas faire la liste des organisations culturelles de banlieue (théâtre, musée, danse, etc.) qiui luttent pour maintenir leur activité mais je regrette, avec le président du Conseil Général du Val-de-Marne, l'absence de tout représentant du gouvernement (et pourtant ils sont nombreux et ils s'intéressent à la banlieue en ce moment) à l'inauguration de ce musée. Le MAC/VAL est situé à Vitry.
En complément, l'article paru dans le Monde daté de mardi 22 novembre sur le Grand Paris me conforte dans l'idée qu'il faut une action décidée pour fusionner Paris et sa banlieue, contrairement à ce que propose Delanoë et Huchon. Le bon échelon d'une politique de la Ville à Paris, ce n'est ni Paris, trop petit et trop spécifique en termes de population, ni la région, trop grande et trop disparate en termes d'activité. Le bon échelon, c'est Paris et les trois départements limitrophes (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), qui accueillent la majorité de la population qui travaille à Paris. Deux solutions s'offrent à ces communes :
- créer une seule commune, sur les frontières des 4 départements, ou en prenant les limites posées par les forts autour de Paris (comme le propose l'auteur de l'article) : cette solution ne convient pas à la tradition française des 36000 communes et il serait très difficile de le faire accepter
- créer une véritable intercommunalité entre toutes les communes de ces trois départements, avec des pouvoirs très importants pour l'emploi, le logement et le développement urbain : c'est le seul moyen de faire une oplitique cohérente sur une surface "normale" pour une capitale mondiale comme Paris. Dans cette intercommunalité, j'aurais envie, pour la faire accepter, de donner une place importante aux "autres" communes, du genre 1,5 fois leur poids réel en termes de population. Ainsi, l'action de cette intercommunalité se concentrerait sur les communes autres que Paris, qui en ont bien plus besoin.
Bertrand, le
mercredi 23 novembre 2005 à 10:19 :: Politique
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