dimanche 3 mai 2009

Les filles américaines à cheveux (2/2)

Commencez de préférence par le billet suivant

Un malheur n'arrive jamais seul.

Peu de temps après avoir découvert Laura Gibson, c'est carrément une horde de musiciennes américaines à cheveux qui m'a fait renoncer à tous mes préjugés.

C'est important, quand on tient une posture qu'on veut non conformiste[1], d'avoir toujours une exception à la règle qu'on se fixe. Quelques exemples : "Le Rn'B, c'est à chier mais Family Affair de Mary J. Blige est vraiment géniale" ou bien "Britney Spears est peut-être la plus grande chanteuse pop de notre temps". Mais il faut bien sûr que cette exception reste une exception et donc, de préférence, soit unique.

Dans mon a priori défavorable sur les musiciennes à cheveux longs, j'avais donc mon exception avec Laura Gibson, découverte par surprise en plus (et donc d'autant plus légitime). En plus, elle est bien inconnue donc ça le faisait vraiment (c'est pas comme si j'avais choisi Alela Diane par exemple).

Et voilà que je me mets à adorer "Still Night, Still Light" d'Au Revoir Simone...

Au Revoir Simone !!! Le groupe dont je n'ai même pas écouté le premier album tellement tout le monde disait que c'était bien ! Le prototype des filles hyper lookées mais pleines de profondeur ! Un groupe qui fait la vitrine d'agnès b. ! Des filles qui ont de genre de têtes :

aurevoir1.jpg

Et qui prennent ce genre de poses :

au-revoir-simone.jpg

A nouveau le type de filles inaccessibles qui m'a toujours énervé.

Mais...

Mais "Still Night, Still Light" est un superbe album, dans lequel on trouver des sons inédits[2], des mélodies efficaces et des paroles belles. Et les trois filles d'Au Revoir Simone ne font pas de compromis, comme le prouve l'originale "Only you can make you happy" :

MP3 : Only you can make you happy

C'est un album mélancolique et entraînant, avec des sommets comme l'entêtant "Knight of Wands". Sa qualité est constante tout au long des 12 chansons et celles-ci sont organisées de telle façon que l'écoute de l'album semble un chemin varié et nouveau.

MP3 : Knight of Wands

Comme sur le long terme, je le préfère à celui de Laura Gibson, même s'il ne m'a pas donné l'émotion de celle-ci, je suis obligé de parler des deux.

Vous pouvez l'écouter sur Spotify ici et lire la chronique de Magic qui en fait sa une au mois d'avril.

Notes

[1] Même si je reconnais volontiers qu'au cas d'espèce, tout cela est un peu rhétorique

[2] Un bon point pour elles : il n'y a pas de guitares sèches, seulement des synthés

 

Les filles américaines à cheveux (1/2)

Je ne suis pas musicien, malgré les tentatives répétées de mes parents de m'essayer à un instrument (piano, violon et clarinette). Cette activité demande une persévérance que je n'ai pas.

Pour autant, je me permets de critiquer les musiciens et en particulier, je n'ai jamais beaucoup aimé le côté poseur des musiciens : d'une part parce que je trouvais ça prétentieux, d'autre part parce qu'ils font rarement preuve de beaucoup d'originalité dans leur style. Par exemple, pour creuser le sillon du "Fleet Foxes bashing", le fait de se sentir obligé de porter une barbe et une chemise de bûcheron pour faire de la folk m'énerve. A l'inverse, certains artistes et certains seulement, peuvent se permettre d'avoir la classe tout le temps et indépendamment de leur style : Jarvis Cocker, dont le style est soigné mais s'efface devant la présence du bonhomme ; Pete Doherty, au concert duquel il était amusant de comparer sa tenue (probablement du Dior mais quand même une chemise trop large et maronnasse et un fut trop large aussi) et celle du public (70% des gamins portaient des pantalons slim en espérant ressembler à leur idole).

Si on quitte le général pour aller vers le particulier, il y a chez les filles américaines qui font de la musique un genre spécifique : la fille aux cheveux longs, avec un air mystérieux, des fringues plus ou moins belles et plus ou moins roots et, de préférence, une guitare sèche dans les mains (un succédané franco-italien est Carla Bruni période pré-Sarkozy). C'est aussi un genre qui m'énerve parce qu'il me rappelle les nénettes de première L qui parlaient d'art et prenaient un air extrêmement méprisable à l'égard des bigleux fort en maths et sapés par leur mère comme moi.

Donc, par défaut, une chanteuse qui a choisi ce style ne me plaît pas et il est probable que sa musique non plus car c'est souvent une espèce de folk mollasse avec "une voix si belle et si profonde". Et comme elles viennent souvent avec un barbu...

Mais, même là-haut dans ma tour d'ivoire, je suis moi aussi sensible aux effets de la mode et comme ça fait maintenant plusieurs mois que je me farci régulièrement de nombreux groupes folk car c'est ça aujourd'hui l'actualité de la musique indépendante (ma bonne dame), mon oreille commence à percevoir les nuances du genre et même à en apprécier quelques pièces[1]. En particulier, ceux qui flirtaient avec la pop (Noah and The Whale par exemple) m'attiraient imperceptiblement vers des rivages inamicaux. Il fallait donc que ça arrive et que j'aime une de ces filles à cheveux avec une guitare sèche. J'étais prêt.

Et c'est tombé sur Laura Gibson, découverte via le podcast de "You disappear". Au passage, je suis un grand fan des photos de John et quand il a commencé un blog musical (ce fameux "You disappear") puis un podcast, je me suis dit que ce serait intéressant à suivre. Bon, il écoute beaucoup trop de musique trop calme mais son premier podcast, pour un coup d'essai, est un coup de maître : pendant 13 minutes, il enchaîne les titres bons mais pas géniaux et finit sur "Where Have All Your Good Words Gone?" de Laura Gibson, qui m'a flanqué des frissons en marchant dans la rue.

En l'écoutant ensuite, je n'ai pas retrouvé la même intensité mais la chanson, et le reste de l'album, sont quand même bons. En particulier "Spirited", qui est la plus dynamique de l'album.

Si vous aimez bien, allez acheter l'album ici, la version digitale coûte moins de 8 $ (soit à peine 6 €).

MP3 : Where Have All Your Good Words Gone?

MP3 : Spirited

Et je ne vous mens pas : elle a vraiment les cheveux longs (et l'air un peu trippé) :



LauraGibson-03-big.jpg

Fin de la première partie.

Notes

[1] Sachant que comme tout bon amateur de musique, j'ai "Harvest" de Neil Young dans ma bibliothèque

 

samedi 18 avril 2009

10 ans de plus

Quand on a 30 ans, c'est un peu comme si on gagnait 10 ans d'un coup. C'est avec un amusement certain que j'essaie de me souvenir de ma vie il y a 10 ans.

L'époque prépa était finie depuis presque un an et la campagne BDE était en cours. Je me débattais déjà pour acquérir au moins la B.C.I. en Télécoms (Base des Connaissances Indispensables). A l'époque, Netscape dominait le marché des navigateurs et je faisais partie de ceux qui préféraient regarder leurs mails en utilisant l'excellent Pine :

pine-mainscreen.png

J'avais déjà ma belle télé Brandt achetée chez But (et une Playstation 1 pucée), que je rêve aujourd'hui de voir mourir pour être dans l'obligation d'acheter un écran plat ou un vidéoprojecteur.

Je tentais mes premières expériences d'évolution d'un camembert à l'air libre sur une longue période : si c'est dans le froid, ça rabougrit, si c'est dans le chaud, ça pue.

Je commençais à penser beaucoup à une jolie fille rencontrée un an et demi plus tôt : aujourd'hui, je me lève tous les jours avec elle et nos deux enfants.

En 2000, je suis parti six mois au Canada avec l'ami Bijou pour un "stage" qui m'a surtout permis de rayer une orientation possible pour ma carrière professionnelle (la recherche en l'occurence). J'étais pas beaucoup avancé mais j'y ai acquis une affection pour le Canada (et non le Québec) et le hockey. Avec les sous, j'ai acheté mon premier mac, un iMac DV Spécial Edition graphite avec un disque de 30 Go (!) pour faire de la vidéo. Ça m'avait quand même coûté 13000 Francs :

imacdvgraphite.jpg

En 2001, j'ai péniblement terminé Télécom (avec un trimestre de retard quand même).

En 2002, une rapide nouvelle expérience professionnelle m'a convaincu qu'à 23 ans, je n'étais pas encore prêt pour travailler vraiment : je suis vite retourné sur les bancs de l'école, à Sciences Po cette fois. J'en profite pour commencer ce blog.

En 2003, j'ai fait durer le plaisir : des études pour la culture, un stage moyennement stimulant et un temps non négligeable passé à l'Abbaye.

En 2004, à mi-chemin, on s'y met vraiment : diplôme de Sciences Po et premier vrai boulot : à l'ART, devenu Arcep.

Fin du chapitre "je cherche ma vie professionnelle" (avant un tome 2 ?)

Début du chapitre "Love love love"

En 2005, mariage avec Cécile, donc. Presque tous les amis sont là, c'est cool. Superbe livret de famille illustré du non moins superbe logo de la ville d'Abbeville :

LOGOABBEVILLE.jpg

En 2006, la naissance de Louise constitue certainement l'événement le plus important de l'année.

En 2007, je change de poste à l'Arcep et nous arrivons à continuer de partir en voyage (Inde deux semaines). On en a bien besoin après l'élection de l'autre con.

En 2008, j'abandonne de plus en plus le cinéma pour aller de plus en plus au concert.

En 2009, Simon naît en janvier.

Voilà, pour résumer, après une première décennie consacrée au langage, à la marche et au jeu, une deuxième à l'école, aux premiers amis et aux amours unilatérales, la troisième aura donc été celle de l'amour (bilatéral) et du passage à l'âge adulte. Rendez-vous à 40 ans.

Pour illustrer tout ça, une petite playlist "10 ans, 11 chansons" à écouter sur Spotify (c'est comme deezer en mieux : il faut s'inscrire ici)

 

mercredi 18 février 2009

La SNCF, ou comment convertir les gens au libéralisme par des attentions quotidiennes (ou pas)

Aujourd'hui, expérience douloureuse au guichet SNCF : je veux me faire rembourser une place parmi cinq sur un billet aller-retour Paris - Bourg Saint Maurice fin mars. J'ai pris le billet le 12 janvier. Le guichetier fait la manip et m'annonce qu'il va me rembourser 109 euros alors que le prix du billet est de 160 euros par personne et qu'il est précisé qu'on peut se le faire rembourser intégralement avant le départ (billet "Loisir"). Pourquoi ? Parce que les cinq billets étant sur le même ticket physique, il a dû annuler les cinq billets et en reprendre quatre à la place, mais aux nouveaux tarifs, plus chers.

Déjà ça ça énerve. Mais quand le mec vous explique que si j'avais eu une carte Smiles ou que j'étais venu acheter les billets au guichet plutôt que sur Internet, j'aurais eu des billets individuels et j'aurais pu me faire rembourser intégralement une seule des cinq places, ça énerve un peu plus.

Quand enfin, il me reprend pour me dire que je ne suis pas un usager mais un client, je bouillonne. Déformation professionnelle oblige, je lui répond que j'ai hâte de pouvoir choisir un transporteur moins con que la SNCF pour mes billets de train.

Alors qu'au fond, mes convictions politiques ET économiques me laissent penser qu'un monopole économique est la meilleure solution pour le rail, vu que c'est un monopole naturel, où l'innovation ne semble pas nécessiter "l'aiguillon de la concurrence" (voir le TGV) et vu que la relation d'un monopole avec ses usagers est quand même beaucoup plus agréable pour ceux-ci que celle d'une entreprise privée avec ses "clients"/vaches à lait.

Cette expérience m'a donc confirmé dans l'idée que pour convertir les gens à la libéralisation et à la concurrence, le mieux n'est pas de leur expliquer que c'est pertinent économiquement (surtout qu'en ce moment, ce serait un peu dur) : il suffit qu'avant la libéralisation, on dise au monopole de se conduire comme une entreprise privée (mais sans concurrents), par exemple en créant des tarifs incompréhensibles ou en chipotant sur les conditions de remboursement. Au bout de quelques années, les clients seront tellement excédés qu'ils attendront avec impatience un concurrent pour se venger.

Bonne nouvelle donc, la concurrence sur le rail commence en 2010 (c'est pas une bonne nouvelle en fait).

PS : j'aurais aimé qu'on soit plus transparent quand on faisait voter les gens sur l'Europe, en leur expliquant qu'un des effets collatéraux, c'est la privatisation d'EDF, La Poste, la SNCF et France Télécom.

 

jeudi 12 février 2009

Ce que j'aime en ce moment

Faire de la cuisine avec des boîtes de conserve.

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Ecouter Jeremy Jay, la musique toute en tension qui sait parler de l'amour et de la timidité. (cliquez sur la photo)

JeremyJay470.jpg

Découvrir des vieux films et des cinéastes que je ne connaissais pas : "The Edge of the world" de Michael Powell

edge04.jpg

Porter mes deux enfants en même temps.

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lundi 9 février 2009

Pour ceux qui en doutaient

Pour ceux qui doutent de la responsabilité de la France dans le régime de Vichy, l'ignoble M. Lefebvre rappelle qu'il n'y a pas besoin d'occupant pour se comporter comme un collabo : "La dénonciation est un devoir républicain" a dit ce brillant homme, qui doit regretter d'être né 65 ans trop tard.

(Mal)heureusement, lui et son chef travaillent dur pour que ce genre d'idées retrouve le succès qui a été le sien.

 

jeudi 29 janvier 2009

Auditorium

Je suis allé voir le classement 2008 d'Ecrans.fr (meilleure série, meilleur jeu vidéo, meilleur site et meilleur jeu chronophage) et je dois dire que je suis assez d'accord avec les classements : Dexter, même si la saison 3 n'atteint pas le sommet de la 2, GTA, auquel je n'ai pas joué et "Tu mourras moins bête", devenu un blog indispensable (dernier post sur la durée de vie des cellules du corps humain indispensable).

Enfin, j'ai découvert un jeu que j'avais raté en 2008 et qui est effectivement un des plus beaux et captivants jeux que j'ai vu sur le net : Auditorium.

Comme je suis fainéant, j'ai repris une image sur un autre site.

 

Drummers

Deux chansons sur les batteurs sur l'iPod en ce moment :

"Drummer" de Coconut Records. C'est le deuxième album et il est évidemment moins bon que le premier même si ce type est sacrément doué pour faire de la pop (allez écouter "Microphone" sur myspace ou la meilleure, "Saint Jerome", ici).

Drummer

"Just like a drummer" de The Wave Pictures. Ceux-ci profitent de mon accoutumance aux voix nasillardes due à une écoute assez approfondie de "Clap your hands say yeah". Leur album a un joli succès critique (notamment chez Magic et à la Blogotheque).

Spéciale dédicace to Lalo.

 

mercredi 21 janvier 2009

Deuxième

Simon est né.

IMGP8713.jpg

Et déjà, je perçois la différence avec Louise : lui est vierge et grandira avec elle comme évidence, elle doit maintenant apprendre un nouveau modus vivendi familial.

Quant à moi, j'ai encore pensé m'arsouiller pour fêter ça car j'aime bien ce concept mais l'événement est trop personnel pour en faire une rigolade.

Je suis heureux.

PS le 22 : c'est un comble mais la chanson que j'avais en tête pendant tout l'accouchement était une chanson de Belle & Sebastian :

 

vendredi 2 janvier 2009

Une année de musique - 2008 - le top et les stats

Albums

Sans s'attarder, voici les albums qui m'ont donc marqué cette année :

VampireWeekendCD2.jpg metronomy.jpg black_kids-partie-traumatic-album_art.jpg deptofeagles.jpg beck-modern-guilt.jpg born_ruffians.jpg Orouni-JumpOutTheWindow465.jpg walkmencover.jpg

Vampire Weekend - Vampire Weekend
Metronomy - Nights out
Black Kids - Partie Traumatic
Department of Eagles - In Ear Park
Beck - Modern Guilt
Born Ruffians - Red Yellow and Blue
Orouni - Jump out the window
The Walkmen - You & Me

Mentions spéciales à

nighttiming.jpg misophone.jpg theclash.jpg

Coconut Records - Nighttiming
Misophone - Where has it gone, all the beautiful music of our grandparents ? it died with them, that's where it went...
The Clash - Live at Shea Stadium

Chansons

Il manque "Nothing down there but trees" de Misophone, "On my shoulders" de The Do, "West Coast" de Coconut Records et "Sweet Love for Planet earth" de Fuck Buttons, qui ne sont pas sur Deezer. Mais l'idée y est.

Stats

Grâce au monde merveilleux des logiciels et d'Internet, j'ai deux sources de statistiques sur ce que j'ai écouté : iTunes et Lastfm. Ces outils confirment plus ou moins le classement ci-dessus. Ils nous apprennent de plus qu'il y a eu différents artistes dominants dans l'année : Vampire Weekend et Coconut Records au premier semestre, Black Kids pendant l'été, des choses plus sérieuses en fin d'année (Born Ruffians, Department of Eagles, Deerhunter). Voici une belle illustration graphique sur les stats Lastfm :

graph_57943.jpg

Et en termes d'écoute, voici les classements :

Albums :


Côté iTunes, c'est un peu pareil, on y apprend que "Nighttiming" se hisse à la troisième place des albums les plus écoutés (derrière "Home" de Benjamin Biolay et Chiara Mastroianni et "The Libertines" des Libertines) tandis que "Vampire Weekend" est 8ème et "Partie Traumatic" 22ème. Pour les chansons, West Coast est 5ème, M79 7ème, Mansard Roof 9ème. Notons l'excellente 2ème place de "Gronlandic Edit" d'Of Montreal, qui est certes sortie en 2007 mais que Cécile a contribué à hisser à ce niveau. il faut qu'elle est vachement bien.

Et pour finir ce billet bien nombriliste, iTunes compte maintenant les sauts de chanson, c'est-à-dire le nombre de fois qu'on est passé à la chanson suivante sans attendre la fin. En tête du classement, ce sont des bonnes chansons mais que je n'ai pas toujours envie d'écouter : "He needs me" (la chanson de Popeye reprise dans "Punch drunk love"), "Mourir d'un oeil" de la très douée Daphné et "Music Hall" de Dominique A.

 

mercredi 31 décembre 2008

Cinéma en 2008

Cette année, nous ne sommes encore pas beaucoup allés au cinéma (mais beaucoup plus qu'en 2007, voir plus bas) donc je ne retiendrai que trois films :

No country for old men

No_Country_For_Old_Men_-_Thinpack_R1-_cdcovers_cc_-front.jpg Probablement le film de l'année : un vrai choc en le voyant et un excellent souvenir, quelques mois plus tard. Les frères Coen sont des rois de la mise en scène et ont trouvé là un scénario superbe. Tout y est bon. Difficile d'oublier Javier Bardem et sa coupe au bol, y compris dans Vicky Christina Barcelona. Heureusement, Scarlett et Penelope nous permettent de penser à autre chose.

A bord du Darjeeling Limited

darjeeling.jpg Le nouveau Wes Anderson n'a pas l'excellence de "La Vie Aquatique" mais on y retrouve la même tendresse et le même humour. C'est un grand plaisir de voir ses films et celui-ci m'a semblé en plus pertinent dans le propos sur la fraternité et le rapport au père (je sais que tout le monde n'est pas d'accord). Le tout porté par un Jason Schwartzman des grands jours, notamment dans le court métrage d'ouverture, "Hotel Chevalier".

Le silence de Lorna

lorna.JPG Enfin, ce n'est pas le film le plus marquant de l'année mais "Le Silence de Lorna" confirme pour moi le génie des frères Dardenne et leur capacité à montrer un monde réel mais inconnu. Ce sont là encore des réalisateurs qui comptent parmi les meilleurs du monde et dont l'obstination à traiter des sujets difficiles les rend plus sympathiques encore pour moi.

Et il ne serait pas honnête de ne pas saluer la comédie américaine moderne, emmenée par le génial Will Ferrell et sur laquelle j'ai beaucoup étendu ma culture, au cinéma et en DVD/DivX (Frangins malgré eux, Semi Pro, Tonnerre sous les Tropiques, Hot Rod, Drillbit Taylor, Le Nouveau, Toutes les femmes de ma vie). Si je devais n'en conseiller qu'un, je pense que ce serait Semi-Pro.


Passons aux choses sérieuses : les stats.

Je notais l'année dernière que l'arrivée d'une personne supplémentaire dans la famille avait pas mal ralenti notre nombre de sorties, au cinéma en particulier. Les choses ont changé cette année et nous sommes allés plus souvent au cinéma (17 fois contre 8), tout en restant loin de nos plus hauts historiques (59 fois au cinéma en 2003 et 2004). Nous verrons ce que l'arrivée d'une autre personne supplémentaire fera en 2009.

On peut donc dire que nous avons enrayé le casaniérisme qui nous guettait mais ça a été aux dépens de la diversité dans les films que nous voyons. En effet, la part des films américains continue d'augmenter (tout confondu : cinéma, TV, DVD, DivX). On va dire que c'est grâce à la vitalité du cinéma américain, qui reste toujours à mes yeux le plus intéressant du monde, et à la pauvreté du cinéma français notamment.

 

dimanche 28 décembre 2008

Une année de musique - 2008 - la pop

C'est bien beau de parler des genres mineurs que sont le folk, l'électro ou le rock mais la bonne musique, ça reste la pop et cette année a vu quelques découvertes rafraîchissantes.

Deux groupes se détachent nettement (voir les stats à venir) : Coconut Records et Vampire Weekend.


Coconut Records

coconut_records.jpg

Coconut Records est le "groupe" de Jason Schwartzman, qui a sorti en 2007 un album ("NIghttiming") non distribué en France et que j'ai découvert en avril grâce à l'indispensable Blogothèque. Ça tombait bien parce que les beaux jours arrivaient et que cette musique est parfaite pour l'été. C'est pour moi l'essence même de la pop : une musique légère, ensoleillée, avec une voix triste et pleine de sentiments que la musique n'exprime pas. Quand, en plus, les paroles sont d'une simplicité désarmante ("Hey Don’t talk to me that way Don’t talk to me that way I don’t ever want to hear you say"), ça devient facilement le disque de l'année.

Et si ce bonhomme se révèle être un des acteurs de l'année (pour Darjeeling Limited) et qu'il est né en 1980, soit on le déteste, soit on le vénère. J'ai choisi la deuxième option. Nouvel album en janvier, le deuxième est toujours le plus dur.

Coconut Records - Easy girl (Alternate version)


Vampire Weekend

vampire-weekend.jpg

Le problème de Coconut Records, c'est qu'il est sorti en 2007, donc le disque de l'année 2008 sera plus sûrement Vampire Weekend. J'attendais depuis quelque temps de retrouver un groupe qui me marquerait vraiment. Ces dernières années, ce furent The Strokes, The Libertines et Arcade Fire mais depuis 2006, je n'ai pas eu de révélation. L'année dernière avait vu quelques bonnes idées chez The Fiery Furnaces, Midlake ou Seabear mais rien de vraiment nouveau comme peut l'être VW.

Même si Vampire Weekend montre des signes de jeunesse, l'album est vraiment bien construit et équilibré. Les voir en concert a confirmé cette impression : alors que la musique semble très riche (avec des cordes, des lignes de synthé, etc.), je me suis aperçu que chacun ne fait que jouer une partition relativement simple, l'ensemble s'orchestrant de façon parfaite. Ce concert m'a rappelé ceux d'Arcade Fire et de Thomas Fersen et c'est vraiment ce genre de concert que je préfère (même si j'ai redécouvert les concerts de gros excités).

Reste maintenant à voir comment ces jeunes gens bien élevés évolueront : ceux qui les ont vu en début et en fin de tournée peuvent déjà attester de leurs progrès. En tout cas, ça fait plaisir, parmi tous ces nouveaux groupes, d'en trouver un ou deux donc on sait qu'on voudra écouter le deuxième album.


Le reste

Dans le genre que je suis depuis longtemps mais dont j'écoute un album sur 4, j'ai vraiment beaucoup aimé le "Modern Guilt" de Beck, sorti en juillet et qui est le meilleur que je connaisse.

Pour rester dans les vieux trucs, je dois reconnaître qu'après avoir chiotté tout ce que je pouvais sur Belle & Sebastian, j'ai pris un peu de plaisir à écouter (d'une oreille distraite) les BBC Sessions de ce groupe qui, comme me l'a rappelé Jérémie, représente pour certains la base de la pop.

J'en ai déjà parlé mais je salue à nouveau la recherche et le style de Born Ruffians dont l'album "Red Yellow and Blue" a le mérite d'éviter la routine couplet-refrain-couplet et qui m'a, après plusieurs écoutes, procuré beaucoup de plaisir.

Enfin, j'ai failli oublier la copine de Jason Schwartzman, qui a sorti, elle, un album cette année : le délicieux "Volume One" sous le nom de scène de She & Him. Je parle de Zooey Deschanel, bien aidée par M. Ward et dont la meilleure chanson ("Sweet darlin'") est écrite par Jason (comme on l'appelle entre nous).

 

samedi 27 décembre 2008

Une année de musique - 2008 - les tendances

Cette année, avant de donner un quelconque Top 10 de l'année, passons en revue les différents genres et tendances de la musique. Identifier les tendances, c'est surtout regarder ce qui se passe autour de mon genre préféré, la pop. Donc on ne parlera quasiment pas ici de rap, de rn'b, et pas du tout de musique classique ou jazz.

Autour de la pop, donc, je trouve trois tendances principales :

  • du folk à n'en plus pouvoir
  • de l'électro qui explose et contamine le rock
  • du rock qui se la raconte

Du folk à n'en plus pouvoir

Jusqu'à il y a peu, le folk, c'était en gros Neil Young et la nécessité sociale d'avoir "Harvest" dans sa cédéthèque. En 2007, le frémissement du nouveau folk a grandi, avec des têtes d'affiches comme Devendra Banhart et en 2008, ce sont des groupes par dizaines qui ont cherché quelque chose de nouveau dans ce genre (en anglo-amérique et en France).

On distingue deux mouvement dans ce renouveau :

  • les "conservateurs" : ils sont dans la lignée du folk des années 70 (guitare sèche, voix aérienne) et essayent surtout d'installer une ambiance de recueillement. Ce sont Fleet Foxes, Beach House, Cocoon, Moriarty, Essie Jain ou Alela Diane.
  • les "mélangeurs" : ils héritent du retour du rock d'il y a quelques années mais ne veulent pas en faire et ils apprécient le son d'un banjo. Ils ont une petite tendance pop. Ce sont Born Ruffians et Noah and The Whale par exemple.

Bien évidemment, mes goûts pour la pop me poussent à préférer les seconds. Mais, si je veux être hype, je suis quand même obligé de trouver un groupe dans la première catégorie que je trouve vraiment mieux que les autres. Ce sera Beach House et son album "Devotion".

Mais le vrai choc a finalement été un album de 2007 : "Where has it gone, all the beautiful music of our grandparents ? It died with them, that's where it went..." de Misophone. C'est grâce à la Blogothèque que j'ai découvert ce groupe original et tout à fait confidentiel. Ces deux gars écrivent des dizaines de chansons mais ne font aucun concert. Cet album serait leur dixième mais je ne sais pas si quelqu'un a vu les neuf premiers. Ils en ont fait trois autres depuis que je n'ai pas écoutés (ça en fait quand même 13 en 5 ans...). Grâce notamment à des vieux instruments, Misophone arrive à créer un univers où je me suis plongé d'autant plus facilement qu'ils savent vraiment trouver des mélodies.

Le micro-label français "Another record" a dans les cartons de sortir un album de Misophone en France bientôt mais ça a été récemment décalé à 2009.

Misophone - Nothing down there but trees

Enfin, côté français, la compèt' était assez relevée avec les connus-en-France Cocoon et Moriarty et le connu-en-Amérique Coming soon mais en bon "défricheur de talent", je choisirais "Jump out the window" de Orouni, découvert sur Deezer, vu en concert à l'International et doué aussi pour les mélodies. Ce sont des petits parisiens, aidez-les !


De l'électro qui explose et contamine le rock

Si le folk est l'enclume sur laquelle est posée le rock, l'électro sera le marteau. Après avoir remis des guitares dans le rock, en suivant le mouvement punk de la fin des années 70, la similitude continue et c'est maintenant des claviers et des bip-bip que les groupes mettent dans leur musique, comme New Order, The Cure ou Depeche Mode dans les années 80. Heureusement, ce n'est pas toujours si mauvais et, pour moi, cette année a été l'année de la découverte d'un style que je ne pensais pas capable de créer autant d'émotions.

Evacuons d'emblée le retour de Portishead, avec l'album "Third", qui est effectivement un peu électro mais reste unique dans son genre.

Nous avons ensuite les "puristes" : peu de paroles, pas de guitares mais un sens du rythme et/ou de la mélodie certain. Je ne suis pas le plus grand fan mais j'ai beaucoup aimé l'énergie de Crystal Castles (mon premier pogo depuis longtemps (toujours ?)) et de Birdy Nam Nam en concert ou l'intensité de Fuck Buttons. Dans le même genre, Ratatat fait des choses qui s'écoutent facilement.

Enfin, dans un registre plus grand public, la tête de file a été MGMT évidemment mais j'ai préféré nettement Black Kids et leur album "Partie Traumatic", qui donne une irrésistible envie de danser. Mais les meilleurs mélangeurs de genre de l'année auront été de loin Metronomy : ils ont du faire une trentaine de remixes de chansons et ont sorti un album génial, "Nights out", où un vernis de sons blip-blip recèle une mélancolie et une émotion sincères.

Et pour clore la partie électro, citons Sébastien "Love Machine" Tellier et son délicieux "Sexuality".


Du rock qui se la raconte

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Si l'idée générale est donc de dire que le folk et l'électro ont pris le dessus cette année, un courant plus minoritaire continue de vouloir enrichir le rock avec les bonnes vieilles ficelles. Ça a donné un style que certains trouveront pompeux, ou en tout cas chargé, dont le but est de montrer que la musique, c'est sérieux. Pour moi, ce style hérite d'Arcade Fire et de Midlake, deux groupes récents qui ont bien renouvelé le genre. C'est une musique qu'il n'est pas facile d'adopter mais j'estime que plusieurs très bons albums s'en réclament. Je ne citerai pas TV on the radio et Why? qui ne m'ont pas emballé mais plutôt :

  • "In Ear Park" de Department of Eagles et notamment l'excellente "No one does it like you"
  • "Microcastle" de Deerhunter, que j'ai mis du temps à apprivoiser mais qui recèle quelques pépites (Agoraphobia, Never stops et Microcastle)
  • Enfin et surtout, "You & Me" de The Walkmen, qui renferme une classe géniale et une profondeur qui m'ont beaucoup plus. Je conseille d'ailleurs de voir la vidéo de leur concert à Amsterdam.

Là encore, les français ne sont pas en reste et j'ai découvert (encore grâce à Deezer) il y a deux semaines "Victor, Victor" de Maison Neuve. Je suis étonné qu'un groupe de cette qualité ne soit pas plus connu : il est distribué encore par un petit label parisien, Sauvage Records et je suis très fier d'avoir l'exemplaire n° 26 de leur mini-album.

Demain, nous parlerons de la pop et du reste.

 

vendredi 26 décembre 2008

L'année de NS

Prenons la devise de la République :

Liberté : cette année, notre président a engagé la limitation, progressive et organisée, de la liberté de la presse et de l'information : l'enterrement de l'indépendance de télé (publique et privée), l'interdiction à des journalistes de faire leur travail, la loi "Création et Internet" (sic).

Egalité : Un bon exemple de la compréhension de ce concept par le président : Marchiani. Et ne cherchons surtout pas les responsables des milliers de personnes au chômage à cause de la crise financière.

Fraternité : Les 25000 reconduites à la frontière sont facilement atteintes cette année, la France n'est plus du tout une terre d'asile et quand elle l'est, c'est dans ces conditions.

Vivement 2009 !

 

Le rivage des Syrtes

- Le volcan ! Le volcan ! hurlèrent d'une seule voix trente gorges étranglées, dans le cri qui s'élève d'une collision ou d'une embuscade.

Devant nous, à la toucher, semblait-il au mouvement de recul de la tête qui se renversait vers sa cime effrayante, une apparition montait de la mer comme un mur. La lune brillait maintenant dans tout son éclat. Sur la droite, la forêt de lumières de Rhages frangeait d'un scintillement immobile l'eau dormante. Devant nous, pareil au paquebot illuminé qui mâte son arrière à la verticale avant de sombrer, se suspendait au-dessus de la mer vers des hauteurs de rêve un morceau de planète soulevé comme un couvercle, une banlieue verticale, criblée, étagée, piquetée jusqu'à une dispersion et une fixité d'étoile de buissons de feux et de girandoles de lumière. Comme les feux d'une façade qui se fût reflétée paisiblement, mais jusqu'à hauteur de nuage, sur la chaussée luisante, et si près, semblait-il, si distinctes dans l'air lavé qu'on croyait sentir l'odeur des jardins nocturnes et la fraîcheur vernissée de leurs routes humides, les lumières des avenues, des villas, des palais, des carrefours, enfin, plus clairsemés, les feux des bourgades vertigineuses accrochées à leurs pentes de lave, montaient dans la nuit criblée par paliers, par falaises, par balcons sur la mer doucement phosphorescente, jusqu'à une ligne horizontale de brumes flottantes qui jaunissait et brouillait les dernières lueurs, et parfois en laissait reparaître une, plus haute encore et presque improbable, comme reparaît dans le champ de la lunette un alpiniste un moment caché par un épaulement du glacier. Comme le piédestal, la pyramide brasillante et tronquée d'un autel qui laisse culminer dans la pénombre la figure du dieu, l'espalier de lumières finissait à cette lisière inégale. Et, très haut, très loin au-dessus de ce vide noir, dressé à une verticale qui plombait la nuque, collé au ciel d'une ventouse obscène et vorace, émergeait d'une écume de néant une espèce de signe de fin des temps, une corne bleuâtre, d'une matière laiteuse et faiblement effulgente, qui semblait flotter, immobile et à jamais étrangère, finale, comme une concrétion étrange de l'air. Le silence autour de cette apparition qui appelait le cri angoissait l'oreille, comme si l'air tout à coup se fût révélé opaque à la transmission du son, ou encore, en face de cette paroi constellée, il évoquait la chute nauséeuse et molle des mauvais rêves où le monde bascule, et où le cri au-dessus de nous d'une bouche intarissablement ouverte ne nous rejoint plus.

Evidemment ce n'est pas de moi. Je ne lis pas beaucoup mais voici un livre qui m'a vraiment frappé par sa beauté et sa subtilité : "Le rivage des Syrtes" de Julien Gracq. Autant dire que ça décourage d'écrire quoi que soit.

 

samedi 13 décembre 2008

Avant/Après

Il y a quelques mois, en faisant une fausse manip sur le site de Cdiscount, j'ai commandé deux fois la même paire de chaussures et vu le peu de bonne volonté de Cdiscount pour récupérer leurs produits (hotline à 1,35 euro + 0,34 euro/min ; c'était avant la loi Chatel), j'ai gardé les deux paires.

Aujourd'hui, la première a été achevée par l'excellent mais remuant concert de Birdy Nam Nam aux Transmusicales et il est temps de sortir la deuxième paire. Elles sont belles, neuves, blanches et probablement horrifiées de découvrir comment elles vont finir.

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PS : une idée pompée sur Christophe

PPS : les plus attentifs auront deviné un sapin de Noël sur la première image ; c'est le premier en tant que parent.

 

samedi 18 octobre 2008

Mise à jour pop

Pour répondre à la demande générale de Pit, voici les quelques bonnes chansons récoltées ces derniers mois. J'ai un peu fainéantisé et je profite donc maintenant des fonctionnalités de Deezer pour faire la playlist. C'est plus pratique mais ça reste limité puisque certains artistes pourtant indispensables sont absents sur Deezer : Coconut Records, Misophone ou encore She & Him.

Ces deux derniers, découvertes récentes méritaient largement d'être dans cette playlist, voici donc leurs myspace : Misophone, She & Him.

En gros les tendances du moment, c'est une bonne influence électro, sous l'effet de mes fréquentations bureautiques, qui se traduit par la présence de Metronomy (génial !) et Ratatat (bien sympa) et, dans une moindre mesure, des Black Kids (top !). L'autre mode du moment, c'est plein de sorties folk mais je crois que j'ai décidé que ça me saoulait un peu (sauf une belle chanson comme "Gila" de Beach House). A part ça, le nouveau Beck est vraiment bien et cette chanson de Department of Eagles me plaît beaucoup beaucoup beaucoup.

Bonne écoute.


PS : je continue de ne pas parler politique mais de bonnes choses se trouvent ici.

 

Balade en baie de Somme

C'est un grand classique du tourisme picard que j'ai fait samedi dernier : la traversée de la baie de Somme.

C'est une promenade à pied depuis Saint Valéry jusqu'au Crotoy, qui dure environ 3 heures. Nous étions un groupe d'une trentaine de personnes, la plupart équipées de bottes, que beaucoup ont abandonnées quand ils ont vu le guide pieds nus.

Le groupe

On se promène d'abord le long du chenal de la Somme, à quelques centaines de mètres de Saint Valéry : le sol est sablonneux et le guide nous explique tout d'abord que le simple phénomène de rencontre entre eau douce et eau salée conduit à un ensablement naturel de la baie (par agglomération des alluvions du fleuve au contact du sel). Il rappelle qu'Abbeville, Noyelles, Port-le-Grand étaient des ports de la baie de Somme il y a mille ans (aujourd'hui, Abbeville est à environ 20 km de la baie).

Saint Valéry

Le guideMais il ajoute ensuite que la politique d'aménagement de la baie a varié selon les époques et les objectifs que se fixe l'Homme : par exemple, le chenal a été construit pour développer le port de Saint Valéry en évitant le déplacement naturel du cours de la Somme (effet de fouet). Malheureusement, la construction de digues pour faire le chenal a accéléré l'ensablement de la baie, si bien que Saint Valéry, autrefois port de cargos, n'accueille plus que des barques aujourd'hui. C'est donc un guide malin que nous avons, amoureux de la baie de Somme mais pas écologiste buté. Un guide qui montrera sa parfaite connaissance des avantages et inconvénients de la chasse, de l'élevage et des différents projets autour de la baie.

Après une partie sur le sable , soit les endroits où la marée vient régulièrement, nous commençons à traverser les prés salés, zones plus élevées où l'eau ne vient que pour les grandes marées: une végétation basse peut s'y développer et c'est ici que les bergers vont faire paître les moutons. Le guide en profite pour tacler les éleveurs du Mont Saint Michel, qui ont protégé l'appellation "Mouton de pré salé", empêchant les éleveurs de la baie de Somme de l'utiliser. Du coup, ici on appelle ça "L'agneau d'Estrant" et, au passage, on fait remarquer que les animaux picards vont tous les jours paître dans des zones recouvertes par la mer (entre 100 et 300 jours par an pour avoir l'appellation) alors que les moutons du Mont restent dans des pâturages recouverts quelques fois par an seulement.

Traces de moutons en baie de Somme

Pour finir, le guide nous emmène sur les endroits les plus élevés de la baie, où la végétation a pu se développer encore plus (petits buissons) : il nous fait goûter quelques plantes, plutôt pas mauvaises (oreilles de cochons, salicorne, etc.) et nous montre aussi une hutte. Je suis bien content parce que je ne voyais pas trop comment ces espèces de cabane pour la chasse pouvaient flotter avec la marée, sans être détruite ou au moins brinquebalées. Et j'ai compris maintenant. Là encore, le guide pointe les raisons et les limites de la chasse et en profite pour s'interroger sur l'avenir des oiseaux migrateurs qui utilisent la baie de Somme comme une station-service et pourraient la perdre rapidement (plutôt à cause de l'ensablement qu'à cause de quelques cartouches). Il estime qu'aujourd'hui, l'ensablement va à peu près 100 fois plus vite que son rythme naturel.

Végétation

La balade se termine au Crotoy (la seule plage du Nord exposée au Sud !), lui aussi ancien port de pêche important aujourd'hui presque totalement ensablé. Le guide peste un peu contre la digue qui a été refaite pour 1 million d'euros ou les efforts faits pour faire couler un ruisseau directement dans la baie (le Dien), qui ont coûté 600 000 euros...

Si nous n'avons que la traversée, il est possible de passer une journée complète, avec trajet en train à vapeur du Crotoy à Saint Valéry puis retour à pied par la baie. Ça fait une belle sortie pour le week-end depuis Paris.

Le trajet approximatif dans Google Maps (pour ceux qui se demandent, tous les ronds dans la baie ne sont pas un signe de vie extra-terrestre mais seulement les bassins devant les 159 huttes pour attirer les canards) :


Agrandir le plan
 

vendredi 10 octobre 2008

Résurrection

28 juin - 10 octobre : longue parenthèse pour ce blog.

Pour commencer, il m'a fallu replonger dans mes mails pour retrouver mon mot de passe de connection à l'interface de ce blog. Je crois que c'est la plus longue coupure pour ce site, qui, en plus de six ans, d'existence, n'a toujours pas su trouver un fil rouge, un thème ou une légitimité qui permette de le rendre vraiment utile pour moi et vraiment intéressant pour les autres (je suis très dans le dénigrement de moi-même en ce moment...).

Pour reprendre et avant peut-être une autre coupure de plusieurs mois, j'ai pensé à aborder les deux sujets qui me préoccupent ces derniers mois : la musique et la photographie. C'est amusant de constater comment l'abandon à moitié forcé du cinéma ("faites des enfants !") m'a conduit à me concentrer ces autres disciplines, qui présente néanmoins plusieurs avantages :

  • la photo, à mon niveau et avec mes moyens, me permet de compenser mon manque de talent/temps/implication par une frénésie d'achat constamment renouvelée ("si je suis raisonnable, j'achète le 35mm F2 à Noël et un zoom 18-200 Sigma avec la prime d'avril mais, quand même, le 31mm F1,8 est à seulement 500 euros au Canada et je devrais peut-être privilégier le 18-250 de Pentax et bla et bla et bla")
  • la musique, dans le même genre, est potentiellement infinie dans le nombre de découvertes à faire, ce qui, là encore, peut donner l'illusion d'être savant quand on constate qu'on connaît 50% des groupes dont parle Magic...

Cela fait-il de moi une meilleure personne (comme ils disent dans les séries américaines) ? Je n'en suis malheureusement pas certain mais je pense que je vais poursuivre dans cette voie encore quelques mois.

Et pour illustrer tout ça, allez voir :

  • Le superbe site "The Big Picture" du Boston Globe, qui propose des belles photos de photojournalisme
  • Mes réponses à un quizz standard sur Lastfm : amusant au début, pénible à la fin.

Et puis je mets une photo de mon "photostream" Flickr quand même :

PS : En tout cas, fidèle à son histoire, ce blog s'efforce de ne pas être trop personnel et de ne pas évoquer des événements bien plus importants qui vont arriver dans les prochains mois, comme par exemple, la naissance de mon fils en janvier...

PPS : sans rien écrire pendant six mois, les stats de ce site n'ont pas baissé : merci à ceux qui ont eu la patience de revenir ce qui se disait ici.

 

samedi 28 juin 2008

Deux poids, deux mesures

Dans Libé hier sur les dissensions dans la majorité sur l'inclusion dans la Constitution d'un article anti-Turquie :

A ceux qui s’inquiètent qu’un président pro-turc puisse un jour imposer aux Français une adhésion dont ils ne veulent pas, Fillon explique qu’ils ont les garanties nécessaires grâce au «référendum d’initiative populaire».

Bizarrement, on n'a pas entendu grand monde (et pas vraiment libé non plus) quand "un président pro-Constitution européenne a imposé aux Français une ratification dont ils ne veulent pas".

 

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